Cité du Vatican, 19 janvier, 2026 / 10:51 PM
Le président du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) a qualifié la première audience officielle entre le pape Léon XIV et la direction de l’Église en Afrique de « rencontre très importante », affirmant qu’elle marque une nouvelle étape dans les relations entre le continent africain et le Saint-Siège.
Dans un entretien accordé à Vatican News à l’issue de l’audience du 17 janvier, le cardinal Fridolin Ambongo a expliqué que, bien que le pape Léon XIV ait déjà rencontré individuellement certains évêques africains, cette audience constituait le premier engagement formel avec la direction du SCEAM sous le nouveau pontificat. La rencontre, initialement prévue pour le 18 décembre 2025, avait été reportée en raison du voyage apostolique du pape en Turquie.
La délégation du SCEAM comprenait le cardinal Ambongo, le premier vice-président, Mgr Stephen Dami Mamza, évêque du diocèse catholique de Yola au Nigeria, le second vice-président, Mgr José Manuel Imbamba, archevêque de l’archidiocèse catholique de Saurimo en Angola, ainsi que le secrétaire général de l’instance, le père Rafael Simbine.
« C’était vraiment une rencontre importante », a déclaré le cardinal Ambongo, ajoutant que l’audience visait d’abord à « établir un contact officiel avec le nouveau pontife depuis son élection ». Il a précisé que cette rencontre avait également permis aux responsables du SCEAM de présenter au pape les conclusions de leur Assemblée plénière de 2025, tenue à Kigali, au Rwanda.
Cette assemblée, organisée quelques mois seulement après l’élection du pape Léon XIV, avait pour thème « Le Christ, source d’espérance, de réconciliation et de paix ». Selon le cardinal Ambongo, ce thème avait été choisi en réponse aux crises persistantes qui affectent de nombreux pays africains, en particulier dans la région des Grands Lacs. « L’Afrique est un continent marqué par de multiples crises. Ce thème nous a aidés à analyser en profondeur notre mission de pasteurs dans un continent caractérisé par la souffrance et l’instabilité », a déclaré le membre congolais de l’Ordre des Frères mineurs capucins (OFM Cap).
Évoquant la situation de l’Église face aux défis sociaux, politiques et sécuritaires du continent, le cardinal Ambongo a insisté sur le fait que l’Église catholique demeure vivante et proche des populations. Rappelant les paroles souvent répétées du défunt pape François, selon lesquelles l’Église n’appartient à aucun camp politique mais se tient aux côtés du peuple, il a souligné que les pasteurs africains continuent d’accompagner les communautés confrontées aux difficultés et à la violence.
« L’Église en Afrique est dynamique, rayonnante », a-t-il affirmé, rappelant la description faite par le pape Benoît XVI de l’Afrique comme « le poumon spirituel de l’humanité ». Dans le même temps, le cardinal Ambongo a reconnu que l’Église partage inévitablement les souffrances de son peuple, en particulier dans les zones de conflit.
Le président du SCEAM a également évoqué l’attente croissante suscitée par l’intention exprimée du pape Léon XIV de faire de l’Afrique la destination d’un prochain voyage apostolique. Une telle visite, a-t-il expliqué, serait à la fois pastorale et prophétique, renforçant la foi des catholiques tout en apportant de l’espérance aux sociétés éprouvées par les conflits et la pauvreté.
« Lorsque le pape se rend dans un pays en crise, c’est pour donner de l’espérance. Sa voix réconforte le peuple, le confirme dans son engagement et l’aide à ne pas se décourager », a-t-il déclaré. Le cardinal Ambongo a ajouté : « La parole prophétique du Pasteur universel réconforte le peuple, renforce son engagement et l’encourage à ne pas perdre courage. Même si les choses vont mal aujourd’hui, l’espérance chrétienne nous dit de tenir bon. »
Selon le cardinal, le Saint-Père aide également à orienter les peuples vers la recherche d’un vivre-ensemble harmonieux et de la paix, en particulier dans les pays africains en situation de crise.
Abordant la situation en République démocratique du Congo (RDC), où il est l’ordinaire du lieu de l’archidiocèse catholique de Kinshasa, le cardinal Ambongo a déploré la poursuite du conflit dans l’est du pays et ses conséquences dévastatrices pour les populations. Il a critiqué les investissements massifs dans la guerre et l’armement, estimant que ces ressources pourraient plutôt être consacrées à l’éducation, à la santé et au développement.
« Depuis plus d’un an, l’Église prône le dialogue. Aucune solution ne viendra des armes, mais du dialogue autour d’une table où chacun peut exprimer ses préoccupations », a expliqué le responsable de l’Église catholique. Il a cité des initiatives en cours, telles que les processus de Washington et de Doha, qui vont dans la bonne direction mais restent insuffisantes.
Le cardinal Ambongo a enfin insisté sur la nécessité d’un dialogue inclusif entre le gouvernement, l’opposition — armée et non armée — et la société civile, afin de créer les conditions d’une paix durable et de mettre fin à la souffrance du peuple congolais.
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