vendredi, 23 janvier 2026 Faire un don
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« Vivre dans la peur constante » : un évêque au Nigeria déplore la détérioration de la sécurité dans son diocèse

Mgr Bulus Dauwa Yohanna du diocèse catholique de Kontagora au Nigeria a exprimé son inquiétude face à la détérioration de la sécurité dans son siège épiscopal, affirmant que les populations des zones de gouvernement local d’Agwara et de Borgu vivent dans une peur constante d’être tuées.

S’exprimant à ACI Afrique mardi 20 janvier, à l’occasion d’une conférence de presse sur l’escalade des activités des bandits dans ces deux zones du Niger, Mgr Bulus a expliqué que l’insécurité a déjà eu un impact négatif sur l’éducation, l’agriculture et la vie communautaire.

« Nos populations vivent dans la peur et l’angoisse constantes. Le désespoir est devenu la réalité quotidienne dans les zones de gouvernement local d’Agwara et de Borgu, alors que le banditisme et les attaques violentes continuent de paralyser l’éducation, l’agriculture et la vie communautaire », a-t-il déclaré à ACI Afrique.

Mgr Bulus a dressé un tableau sombre de la vie quotidienne dans la région, affirmant que les bandits se déplacent désormais librement, sans être inquiétés.

« Actuellement, l’État de droit ne fonctionne plus dans le Nord de Borgu. Les bandits circulent librement, de jour comme de nuit, sans être inquiétés », a-t-il déploré.

Selon lui, les assaillants transforment progressivement l’ancien royaume paisible de Borgu en ce qu’il appelle un « royaume de bandits » en tuant des habitants, en forçant d’autres à fuir et en contraignant certains à devenir des informateurs.

« Leur insécurité et leurs meurtres ont atteint un niveau insupportable, laissant la population dans une peur et une angoisse constantes, la faisant perdre espoir », a-t-il ajouté.

Mgr Bulus a insisté sur le fait que le droit à la sécurité, à l’éducation et aux moyens de subsistance doit être restauré pour la population.

« Les habitants d’Agwara méritent de vivre sans peur. Nos enfants méritent un avenir sûr, y compris le droit à une éducation de qualité. Les familles doivent pouvoir cultiver leurs terres sans crainte d’attaques et dormir paisiblement dans leurs maisons la nuit, au lieu de se cacher dans la brousse », a-t-il déclaré.

Le leader catholique a décrit la situation comme plus qu’un simple problème local de sécurité.

« Ce n’est pas seulement une crise locale, c’est une urgence humanitaire qui exige une action immédiate et décisive des plus hautes autorités gouvernementales », a-t-il affirmé.

Mgr Bulus a souligné que la violence déchirait les familles et détruisait les moyens de subsistance.

« En tant que peuple, nous sommes profondément préoccupés par la perte de vies innocentes dans nos communautés. Les familles sont déchirées, les moyens de subsistance détruits, et nos populations perdent progressivement confiance dans la capacité des dirigeants à les protéger », a-t-il dit.

Au-delà du coût humain immédiat, Mgr Bulus a averti des conséquences économiques et alimentaires imminentes si l’insécurité n’est pas traitée rapidement.

Il a cité le déplacement des agriculteurs à la suite des récentes attaques, notamment à Kaswandagi, notant que de nombreux habitants ont désormais trop peur de retourner dans leurs maisons et sur leurs terres.

« Si ceux qui ont été déplacés après les attaques de Kaswandagi ne peuvent pas retourner chez eux et sur leurs terres agricoles, nous faisons face à la réelle possibilité de manquer la prochaine saison des pluies pour les cultures », a-t-il déclaré.

L’Ordinaire local de Kontagora a averti que Borgu, traditionnellement connue comme le grenier du Nord-Ouest, pourrait bientôt devenir dépendante de l’aide gouvernementale.

« Borgu, qui a longtemps servi de grenier du Nord-Ouest, aura plutôt besoin de l’aide du gouvernement », a-t-il averti.

Appelant à une intervention immédiate, il a déclaré : « Nous exhortons l’État à intervenir d’urgence et à apporter une solution durable à cette crise sécuritaire. Nous appelons le gouvernement à agir rapidement et à fournir une solution durable à cette crise de sécurité. »

L’Ordinaire du diocèse de Kontagora, qui est également président du chapitre de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN) de l’État du Niger, a lancé un appel aux gouvernements fédéral et étatiques pour l’établissement d’une base militaire entièrement équipée à Agwara, accompagnée de postes de police et de points de contrôle renforcés.

« Nous avons besoin d’une base militaire et de postes de police et points de contrôle renforcés sans délai », a-t-il déclaré.

Il a expliqué que la base proposée devrait inclure un détachement mobile et blindé capable de poursuivre et de neutraliser les groupes armés dès qu’ils sortent de leur cachette dans la réserve de chasse.

« La base militaire devrait disposer d’un détachement entièrement mobile et blindé, capable de poursuivre et d’éliminer les bandits chaque fois qu’ils quittent leur cachette dans la réserve de chasse pour terroriser la population », a précisé Mgr Bulus.

Soulignant l’insuffisance des dispositifs de sécurité actuels, le leader catholique nigérian a révélé que la plus grande présence sécuritaire dans toute la région se limite à environ 40 policiers mobiles stationnés à Papri depuis l’incident d’enlèvement.

(L'histoire continue ci-dessous)

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Encore plus préoccupant, a-t-il ajouté, leur seul moyen de transport se compose de deux motos fournies par le gouvernement local d’Agwara.

« Actuellement, la plus grande force de sécurité dans toute cette zone est d’environ 40 agents, et leur seul moyen de transport est constitué de deux motos », a déclaré Mgr Bulus.

S’adressant directement au président Bola Ahmed Tinubu, il a déclaré : « Monsieur le Président, nous vous exhortons à déployer un personnel de sécurité adéquat, à fournir les ressources nécessaires et à travailler avec les acteurs locaux pour rétablir la paix. Il est temps d’agir maintenant, avant de perdre d’autres vies et avant que nos communautés ne perdent totalement confiance dans la capacité du gouvernement à les protéger. »

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