Caire, 29 janvier, 2026 / 6:28 PM
Après plus de 1 000 jours de conflit violent au Soudan, les responsables de Caritas Égypte ont fait le point sur les initiatives mises en œuvre pour venir en aide à plus d’un million de réfugiés originaires de ce pays d’Afrique du Nord-Est, à travers des services médicaux, des programmes professionnels et un accompagnement psychosocial.
Dans une publication datée de lundi, janvier 2026, Caritas Égypte souligne que les effets de la guerre civile soudanaise, déclenchée le 15 avril 2023 entre les Forces de soutien rapide (RSF) et les unités de l’armée des Forces armées soudanaises (SAF), continuent de se faire sentir bien au-delà des frontières du pays.
« Le conflit a forcé des millions de Soudanais à fuir, l’Égypte accueillant désormais environ 1,5 million de ressortissants soudanais, dont beaucoup arrivent après de longs périples avec peu de ressources et de graves besoins en matière de santé », indique Caritas Égypte dans son rapport du lundi 26 janvier.
Avec plus de 10 millions de migrants, y compris les Soudanais, les responsables de l’agence de développement de l’Église expliquent : « Caritas Égypte a élargi sa réponse d’urgence tout au long de 2025 et cherche maintenant un financement supplémentaire pour poursuivre son action, en se concentrant sur la santé, les moyens de subsistance et la protection, alors que les besoins augmentent et que d’autres services sont réduits. »
Grâce à ses programmes de santé, les responsables indiquent que « Caritas aide les réfugiés à accéder à des soins qui seraient autrement hors de portée. Les médecins et infirmiers soutenus par Caritas fournissent des consultations, des médicaments pour les maladies chroniques et des orientations vers des traitements spécialisés. »
La responsable du programme de santé de Caritas Égypte, Heba Semary, est citée dans le rapport : « Rien qu’en septembre 2025, plus de 1 000 personnes ont bénéficié de soins médicaux grâce à Caritas. »
Mme Heba précise toutefois que l’accès aux procédures d’asile devient de plus en plus difficile.
Elle explique que les enregistrements auprès du HCR étant désormais centralisés au Caire, les réfugiés arrivant via Assouan, ville située à près de 300 kilomètres de la frontière soudanaise, doivent désormais parcourir plus de 900 kilomètres pour finaliser leur enregistrement, souvent alors qu’ils sont épuisés et mal nourris.
Pour cette raison, indique Heba, « beaucoup restent sans papiers, pratiquement invisibles pour le système d’aide officiel. Dans ce vide, les distributions alimentaires et les cliniques mobiles de Caritas représentent des services vitaux fournis là où ils sont le plus nécessaires. »
« Les rendez-vous sont parfois fixés plusieurs années à l’avance », précise-t-elle, ajoutant : « C’est pourquoi il existe un tel écart entre les chiffres officiels des réfugiés enregistrés et la réalité sur le terrain. »
En raison des coupes dans l’aide, Heba indique que « les agences humanitaires ne peuvent désormais fournir que des soins de base, tels que des vitamines et des médicaments essentiels, le financement de l’assistance en espèces et des soins spécialisés, y compris les anticoagulants, ayant été interrompu. »
Au-delà des soins, Caritas Égypte se concentre également sur la prévention, avec des dépistages nutritionnels pour les enfants, des séances de sensibilisation à la santé et des conseils sur les soins quotidiens.
« Des bons alimentaires sont distribués aux familles pour les aider à faire face à l’inflation, à la hausse des prix et à la perte générale de revenus », explique Heba.
Concernant la formation professionnelle, les responsables de Caritas précisent : « Les réfugiés étant largement exclus de l’emploi formel, les formations et l’acquisition de compétences restent un volet clé de la réponse de Caritas. »
En 2025, indique le rapport de Caritas du 26 janvier, « plus de 100 sessions de formation ont été dispensées, touchant plus de 1 000 participants dans des domaines tels que la maintenance des réfrigérateurs, la couture et d’autres compétences pratiques. »
En matière de protection et de soutien psychosocial, les responsables de l’agence de développement de l’Église soulignent l’importance de cet accompagnement, expliquant que « le déplacement prolongé, le surpeuplement des logements et les tensions financières ont accru le stress au sein des foyers de réfugiés. »
« Caritas répond à ces risques en proposant des espaces sûrs pour les enfants, des séances de sensibilisation à la prévention de la violence et des activités communautaires favorisant le bien-être mental », indiquent-ils dans le rapport du 26 janvier.
Malgré les efforts pour maintenir les programmes d’assistance humanitaire au Soudan, les responsables de Caritas Égypte indiquent que les besoins des migrants « restent écrasants, alors que le financement international des agences de l’ONU a fortement diminué ».
« Dans cet espace humanitaire en contraction, Caritas Égypte joue un rôle fondamental et appelle désormais à une solidarité et un financement internationaux renouvelés, afin d’éviter une crise profonde et largement invisible », ajoutent-ils.
La guerre civile soudanaise entre les RSF, force paramilitaire dirigée par le général Mohamed Hamdan Dagalo, et les SAF, loyales au président du Conseil souverain de transition, le général Abdel Fattah al-Burhan, a commencé dans la capitale Khartoum avant de se transformer en guerre civile à l’échelle nationale.
Elle aurait causé la mort de « jusqu’à cent cinquante mille personnes » ; plus de 14 millions de personnes ont été déplacées, y compris vers des pays instables comme le Tchad, l’Éthiopie et le Soudan du Sud, où elles auraient dépassé la capacité des camps de réfugiés.
Avec environ 30,4 millions de personnes ayant besoin d’aide humanitaire au Soudan, soit plus de la moitié de la population, le pays détient probablement le record du plus grand nombre de personnes dans le besoin ; le nombre le plus élevé de déplacés internes au monde, plus de 12 millions ayant fui la violence au cours des deux dernières années.
Le Soudan enregistre également le plus grand nombre de personnes en situation de faim d’urgence ou catastrophique, « avec plus de 600 000 personnes vivant dans la famine et 8 millions d’autres au bord du gouffre », selon un rapport d’avril 2025.
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