Un archevêque congolais dénonce l'insécurité à Lubumbashi, plaide pour la paix

Mgr Jean Pierre Tafunga, archevêquede Lubumbashi en RD Congo
Credit: Domaine public

L'insécurité persistante en République démocratique du Congo (RDC) inquiète l'archevêque de Lubumbashi qui affirme que les attaques contre le peuple de Dieu dans sa juridiction ecclésiastique ont atteint des niveaux « indescriptible ». Il a lancé un appel à ceux qui sont derrière ces attaques de « donner une chance à la paix ».

« La population de la ville de Lubumbashi vit au quotidien une insécurité recrudescente qui a atteint un niveau jusque-là indescriptible », a déclaré l'archevêque de Lubumbashi, Mgr Jean Pierre Tafunga avant d’ajouter « Il ne se passe pas une nuit sans que nous apprenions que des viols, des vols, des tueries et des braquages se commettent, principalement dans les périphéries de la ville où vivent des populations modestes.» 

« Face à cette situation, et avec la force de notre foi, je condamne fermement cette insécurité persistante et j'appelle les auteurs de ces actes à donner une chance à la paix », a déclaré Mgr Jean Pierre dans la lettre du mardi 19 mai adressée aux fidèles catholiques, aux autorités politiques, administratives et de sécurité, aux hommes et aux femmes de bonne volonté.

Au cours des derniers mois, Lubumbashi, située dans la province du Haut-Katanga, à la frontière de la Zambie, a enregistré plusieurs cas d'insécurité. Dans la nuit du 4 mai, des maisons du quartier annexe de Lubumbashi ont été cambriolées. Des personnes ont été tuées, des femmes violées et un bébé a été emporté, pour être ensuite abandonné en chemin dans un sac.

Déplorant les événements, le prélat congolais, âgé de 77 ans, s'est demandé : « Qui sont ces gens qui agissent en toute impunité ? Ont-ils des intentions cachées ? Quelles sont leurs sources d'approvisionnement en armes, munitions et véhicules ? »

Il a poursuivi : « Les bandits en question sont-ils plus forts que les services de sécurité de l'État ? Qui profite de tous ces crimes ? À quoi auraient servi alors toutes les visites des délégations nationales qui sont venues dans notre pays, en province, il y a peu de temps, pour soi-disant analyser et résoudre la question de la sécurité ? » 

Face à l'insécurité persistante et à la pandémie d » COVID-19 dans ce pays d'Afrique centrale, l'archevêque de Lubumbashi a défini un ensemble de mesures qu'il juge appropriées pour faire face à la situation.

À la population de Lubumbashi, l'archevêque recommande « vigilance et solidarité en ces temps difficiles que traverse notre ville de Lubumbashi, car nous sommes confrontés à deux ennemis redoutables : Le Coronavirus et les bandits armés, qui sont tous deux porteurs d'insécurité ». 

« Face à l'ennemi invisible qu'est le Coronavirus », a déclaré Mgr Jean Pierre, membre des Salésiens de Don Bosco (SDB), « nous recommandons à tous de redoubler d'efforts en suivant scrupuleusement les recommandations de nos autorités pour vaincre ce virus ».

Citant la lettre de saint Paul aux Romains et les Psaumes, le prélat congolais a encouragé le peuple de Dieu à ne pas perdre confiance en Dieu car « l'espérance ne trompe pas » et à ne jamais oublier que « si le Seigneur ne veille pas sur la ville, les gardes veillent en vain ».

Aux yeux du personnel de sécurité du pays, l'archevêque a reconnu leurs efforts pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Cependant, il a noté que leurs efforts « ne semblent pas être à la hauteur des attentes de la population : l'éradication de l'insécurité ».

Il a donc recommandé que le personnel de sécurité du pays fasse tout pour prévenir d'éventuelles insécurités futures en disant : « Nous demandons à nos autorités de redoubler d'efforts pour ramener la sécurité et la paix dans nos foyers, car la paix est le nouveau nom du développement ».

Aux autorités politiques et administratives, il a recommandé que « la fonction des fonctionnaires de base soit revalorisée : Les maires, les chefs de quartiers, de rues, de cellules, de blocs, afin qu'ils contrôlent les mouvements et les activités des personnes vivant dans leurs entités ».                                

« Réévaluer l'efficacité des centres de coordination des opérations, en abrégé OCC, qui ont été mis en place depuis un certain temps par l'autorité provinciale », a déclaré l'archevêque, ajoutant que les autorités devraient veiller « à ce que les moyens mis à leur disposition (motos, véhicules et même primes) soient utilisés à bon escient ». 

« Que la Vierge Marie, Notre-Dame de la Paix, intercède pour nous et que le Tout-Puissant protège et bénisse notre Province », a conclu Mgr Jean Pierre.  


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P. Don Bosco Onyalla
Rédacteur en chef, ACI Afrique
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