Il salue « le gouvernement fédéral et certains gouvernements des États pour les politiques efficaces mises en œuvre dans les secteurs du pétrole, de l’agriculture, de l’éducation, de l’autonomisation des jeunes et des finances », mais insiste pour que ces initiatives « soient constamment suivies et optimisées de manière transparente afin que les bénéfices attendus parviennent réellement aux populations dans les rues du Nigeria ».
Dans son message du Nouvel An 2026 partagé avec ACI Africa le 28 décembre, le membre du Vatican Dicastery for Communication depuis sa nomination en décembre 2021 se montre critique à l’égard de ce qu’il décrit comme des échecs persistants du leadership politique.
« Nos dirigeants politiques doivent reconnaître les dégâts causés par une mauvaise gouvernance dans notre pays », affirme-t-il, ajoutant que, « que ce soit au niveau des partis ou de la gouvernance, leurs performances ont été médiocres ».
Il avertit que les accusations répétées de « corruption, d’indiscipline et de manque de transparence » impliquant des responsables politiques ont « largement érodé la confiance et la crédibilité du public envers la politique », qualifiant cette situation de « dangereuse ».
Selon Mgr Badejo, l’instabilité politique persistante, marquée par « le chaos des défections partisanes et des batailles judiciaires » ainsi que par « la débâcle actuelle autour de la nouvelle loi sur le régime fiscal », reflète « une confusion générale infligée au public par des dirigeants égoïstes, ayant peu de capacité ou d’intention de servir ».
Un tel climat, avertit-il, alimente la désagrégation sociale. « Un tel environnement crée des frustrations au sein de la population et peut devenir un incubateur de l’oisiveté, du banditisme et d’autres formes de criminalité », déclare Mgr Badejo, établissant un lien direct entre les défaillances de la gouvernance, l’insécurité et les troubles sociaux dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Il met en garde contre les conséquences dangereuses de la perte de confiance envers les dirigeants. « L’érosion de la confiance du public due à une mauvaise gouvernance peut se transformer en coup d’État auto-infligé si les dirigeants politiques ne deviennent pas plus fiables et dignes de confiance aux yeux du peuple qu’ils gouvernent », prévient-il.
Lorsque le cynisme s’installe, poursuit Mgr Badejo, il « provoque un scepticisme généralisé envers chaque plan que les dirigeants élaborent et chaque décision qu’ils prennent, et dévalorise tout impact sérieux de l’action gouvernementale dans la société ».
Se projetant vers 2026, il appelle à une conversion morale et politique. « Au cours de la nouvelle année, nos dirigeants doivent avoir un changement de cœur et adopter la véracité, la transparence et l’honnêteté, qui renforcent la confiance du public et témoignent du respect envers les Nigérians dans leurs décisions », plaide-t-il.
Le responsable de l’Église catholique, qui a commencé son ministère épiscopal en octobre 2007 comme évêque coadjuteur du diocèse d’Oyo, identifie également la reddition de comptes et la justice comme des défis non résolus, les décrivant comme « une tache noire du leadership politique nigérian qui doit être traitée par un leadership courageux ».