Johannesburg, 07 janvier, 2026 / 8:14 (ACI Africa).
Un cours d’une semaine sur le thème « Le leadership dans une Église synodale », visant à corriger les idées fausses sur la synodalité, a réuni plus de 60 participants issus de l’ensemble de la Conférence des évêques catholiques d’Afrique australe (SACBC).
Dans un entretien accordé en marge du programme qui se déroule du 5 au 10 janvier au séminaire Saint-Jean-Vianney de Pretoria, le doyen académique et directeur du cours de courte durée au séminaire a expliqué que cette formation entend explorer les thèmes clés de la synodalité tout en répondant aux malentendus courants apparus parmi les fidèles.
« Le but de ce cours est de réfléchir à ce qu’est réellement la synodalité, telle qu’elle découle du Synode convoqué par le pape François », a déclaré le père Sbongiseni Msomi lors de l’entretien du mardi 6 janvier avec l’agent de communication de la SACBC, Sheila Leocádia Pires.
Le père Msomi a mis en lumière plusieurs idées reçues que le cours cherche à corriger, notamment la tendance à assimiler la synodalité à la démocratie, ainsi que les confusions entourant le cléricalisme, que, selon lui, le peuple de Dieu comprend souvent mal et associe à tort à la synodalité.
« Lorsque les gens pensent à la synodalité, ils pensent à la démocratie, ils pensent à l’autocratie », a-t-il expliqué, précisant que l’Église fonctionne à un niveau de théocratie, où Dieu est placé au centre du leadership ecclésial.
Concernant le cléricalisme, le père Msomi a précisé que ce terme ne se limite pas « au clergé qui se considère comme l’Église », mais concerne aussi « certains laïcs qui revendiquent ou souhaitent être ministres ordonnés ».
Membre du clergé du diocèse catholique de Mariannhill en Afrique du Sud, il a souligné que le cours vise à approfondir certains thèmes abordés dans les discussions sur la synodalité, au sein d’un programme qui rassemble des laïcs, des religieux et des prêtres.
Le programme d’une semaine offre un espace de réflexion, d’apprentissage et de formation sur la synodalité, à un moment marquant de la vie de l’Église, alors que l’Afrique australe commémore les 75 ans de l’établissement de sa hiérarchie.
La formation réunit des responsables laïcs issus de confréries et d’associations, des membres de conseils pastoraux et financiers paroissiaux, des coordinateurs de synodes diocésains, des prêtres, des religieuses, ainsi que des représentants d’autres confessions chrétiennes.
Le père Msomi a notamment salué la participation d’un ministre de l’Église réformée néerlandaise et d’un participant engagé dans le Rite d’initiation chrétienne des adultes (RICA), qualifiant cette diversité d’expression vivante de la synodalité elle-même.
« Par sa nature même, ce cours est synodal parce qu’il inclut tout le monde », a-t-il affirmé, ajoutant que, bien qu’il vise à corriger les idées fausses sur la synodalité, le cours est également ouvert aux non-catholiques.
Concernant le contenu, le père Msomi a expliqué que la formation aborde les fondements bibliques de la synodalité, qu’il estime ne pouvoir être pleinement compris sans tenir compte du pape François, ainsi que des facteurs contextuels, historiques et politiques qui l’ont façonné durant son ministère épiscopal dans son pays.
Il a indiqué que les participants étudieront également des documents majeurs de l’Église, notamment ceux du concile Vatican II, afin de comprendre comment la synodalité a été interprétée et mise en œuvre par les responsables ecclésiaux et le magistère.
Le programme réfléchit aussi à la mission de l’Église, en soulignant l’importance du dialogue, de l’écoute et de la participation inclusive, afin que l’Église demeure ouverte sur le monde et engagée dans la société.
Le prêtre sud-africain a ajouté que les aspects pratiques de la synodalité sont également abordés, notamment les malentendus fréquents, l’usage approprié de la terminologie ecclésiale et la manière dont le clergé et les laïcs peuvent cheminer et travailler ensemble efficacement aux niveaux paroissial, diocésain et de la conférence épiscopale.
Selon lui, ce cours offre un véritable cadre de réflexion, d’apprentissage et de formation sur la synodalité, en donnant aux participants les outils nécessaires pour appliquer ses principes de manière réfléchie au sein de leurs communautés.
Le père Msomi a enfin remercié les diocèses qui ont répondu à l’invitation en envoyant des délégués, saluant en particulier la forte participation de Pretoria, Kimberley, Manzini et Queenstown. Il a exprimé l’espoir que les participants retournent dans leurs paroisses et diocèses mieux préparés à partager leurs acquis et à promouvoir concrètement la pratique de la synodalité au niveau local.

