Au cours de l’échange, le nonce est revenu sur l’influence de Benoît XVI, qualifiant ses années passées aux côtés de Joseph Ratzinger de don de la providence divine.
« Toutes ces années de collaboration ont laissé une expérience indélébile », a-t-il confié. « Ce n’était pas seulement une formation intellectuelle et théologique, mais aussi une formation du cœur, de l’âme et de tout ce que nous pouvons appeler la vie. »
Mgr Gänswein a rappelé que sa première rencontre avec Ratzinger remonte à l’époque où il était encore jeune séminariste, lisant les articles et ouvrages du futur pape alors professeur en Allemagne. « J’ai essayé de lire et d’étudier tous ses écrits », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il en était venu à voir Ratzinger non seulement comme un théologien et un universitaire, mais comme « un homme plein de foi et d’intelligence ».
Après son ordination sacerdotale en 1984, Mgr Gänswein a exercé comme vicaire paroissial avant de poursuivre ses études. Il a ensuite soutenu un doctorat et s’est rendu à Rome, où il a rencontré Joseph Ratzinger alors préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi. Selon lui, Ratzinger l’a invité à collaborer, une invitation qu’il considère comme mystérieuse et empreinte de grâce.
« Pourquoi m’a-t-il appelé ? Je ne le sais pas », a-t-il déclaré, « mais je vois cela comme un grand don de la Providence ». En 2003, a-t-il précisé, il est devenu le secrétaire personnel de Ratzinger.
Évoquant Benoît XVI après la mort du pape, Mgr Gänswein a fait une remarque marquante sur la prière et la proximité spirituelle : « Et maintenant que le pape Benoît XVI est allé auprès du Seigneur, je constate que je ne prie plus tellement pour lui, mais que je m’adresse à lui, en lui demandant son aide. » Il a confié que, notamment durant sa mission dans les pays baltes, il lui arrivait de demander l’intercession de Benoît XVI.
Dans le même temps, il a souligné la prudence de l’Église en matière de causes de sainteté. « L’Église est une mère très sage et très prudente », a-t-il déclaré, ajoutant que dans les causes de béatification, elle est « deux fois sage et deux fois prudente », et que le temps est nécessaire pour discerner si l’estime populaire reflète une véritable sainteté plutôt qu’une renommée passagère.
Dans une interview accordée en décembre 2025 à la chaîne catholique allemande K-TV, Mgr Gänswein avait déclaré : « Personnellement, j’ai de grands espoirs que ce processus soit ouvert. » L’entretien a été diffusé peu avant une audience privée qu’il a eue avec le pape Léon XIV lors d’une visite discrète à Rome à la mi-décembre.
La rencontre organisée par Kelionė a également donné la parole à d’autres intervenants. L’éducateur Vytautas Toleikis, enseignant en éducation morale au gymnase Saint-Christophe de Vilnius et fondateur du groupe d’éducation informelle « Walkers », a expliqué qu’il emmène chaque semaine des élèves en promenade à travers Vilnius pour rencontrer des personnes qu’il admire personnellement. Il a indiqué que l’objectif est d’élargir les horizons des élèves à travers des rencontres vécues de bonté et de chaleur humaine, ajoutant que ces échanges le surprennent souvent autant que les jeunes eux-mêmes.
Le chanteur Sasha Song, qui a représenté la Lituanie à l’Eurovision en 2009, a livré un bref témoignage personnel sur sa lutte contre la dépendance et la transformation vécue après une rééducation. Il a affirmé que cette expérience lui a appris à valoriser la vie autrement, décrivant son état actuel comme marqué par la gratitude et un renouveau de bonheur.