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Les évêques du Mali se réunissent pour délibérer sur la « période difficile » de l’éducation catholique dans le pays

L’un des principaux points à l’ordre du jour de l’Assemblée plénière en cours de la Conférence épiscopale du Mali (CEM) est la situation de l’éducation catholique que les évêques estiment traverser « une période difficile » dans le pays.

Dans une interview publiée le mardi 20 janvier par les Médias du Vatican, le Secrétaire général de la Conférence épiscopale a indiqué que, lors de la Plénière qui se tient du 19 au 22 janvier, les évêques examinent également la situation financière de l’Église ainsi que des nominations au niveau national.

Le père Abel Kassongué a précisé que les évêques se penchent sur l’état de l’éducation catholique, qui connaît au Mali « une période difficile », ajoutant qu’une réflexion sur « la refondation des structures éducatives » est en cours afin de renforcer « sa stabilité et sa crédibilité ».

Selon un rapport publié l’année dernière par la fondation pontificale catholique d’aide et de charité Aide à l’Église en Détresse (AED) International, les écoles catholiques au Mali, qui ont joué un rôle important dans le système éducatif national en accueillant des élèves de toutes confessions, sont aujourd’hui en danger.

Le rapport indique qu’en vertu d’un accord signé en 1972 entre le gouvernement malien et la Conférence épiscopale, l’État subventionnait environ 80 % des salaires des enseignants dans les écoles gérées par l’Église, alors même que les chrétiens ne constituent qu’une petite fraction de la population.

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L’AED rapporte que les familles musulmanes, en particulier, ont apprécié ces établissements pour leur qualité académique et leur approche holistique de la formation humaine.

Cependant, le rapport de 2025 indique que ce soutien financier de longue date est en train de s’effriter rapidement, le gouvernement malien ayant annoncé son intention de mettre fin aux subventions au début de l’année académique 2025-2026, une décision qui, selon les partenaires et les responsables de l’Église, pourrait plonger les écoles catholiques dans une crise.

L’AED précise dans le rapport que, bien que des négociations aient permis de retarder la suppression des subventions, la menace demeure, avertissant que sans un financement prévisible, de nombreuses institutions risquent de devoir licencier des enseignants, réduire leurs activités, voire fermer complètement.

Le rapport 2025 de l’AED indique également que les défis auxquels fait face l’éducation catholique au Mali sont aggravés par des problèmes systémiques plus larges affectant l’ensemble du système scolaire du pays.

Le rapport ajoute que des années de conflit et d’instabilité ont perturbé l’apprentissage dans tout le secteur éducatif, les attaques contre les écoles et l’insécurité ayant entraîné des fermetures et interrompu la scolarisation de centaines de milliers d’enfants.

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Selon le rapport, les responsables de l’Église et les acteurs de l’éducation au Mali reconnaissent que les écoles catholiques offrent bien plus qu’un enseignement académique : elles favorisent la paix, le respect et l’acceptation entre des élèves issus de milieux divers. Ces contributions à la cohésion sociale sont jugées particulièrement vitales dans un pays confronté aux insurrections jihadistes et aux déplacements de populations.

Dans l’interview accordée aux Médias du Vatican le 20 janvier, le Secrétaire général de la CEM a exhorté les catholiques à prier et à manifester une « solidarité ecclésiale » en soutien à l’éducation catholique et aux œuvres sociales à travers le Mali.

Le père Kassongué a souligné que l’Église au Mali évolue dans un environnement socio-politique et sécuritaire « délicat », ce qui rend la prière et la solidarité essentielles. Il a indiqué que l’Assemblée plénière servira principalement de temps de travail, de discernement et d’orientation pastorale pour les évêques du pays.

Il a ajouté que l’objectif central de la rencontre est d’évaluer la situation financière actuelle de l’Église, d’identifier les défis auxquels elle est confrontée et d’élaborer des mesures réalistes, fondées sur la solidarité, afin de soutenir la mission et la crédibilité de l’Église au Mali.

Le père Kassongué a également indiqué que les évêques recevront et examineront des rapports sur des institutions catholiques clés, notamment l’antenne de Bamako de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest et l’Hôpital Mali-Gavardo, présenté comme un projet soutenu par des volontaires italiens et une source d’espérance pour le secteur de la santé.

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Outre l’examen des institutions, il a précisé que les évêques procéderont à plusieurs nominations et au renouvellement de contrats pour des responsables nationaux au sein de diverses institutions de l’Église.

Selon les Médias du Vatican, la tenue de cette Assemblée plénière intervient dans un contexte national particulièrement fragile, marqué par l’instabilité, les déplacements de populations causés par les groupes jihadistes et des difficultés économiques qui ont affaibli les structures sociales, éducatives et sanitaires.

Le père Kassongué a conclu en affirmant que l’Église partage étroitement les souffrances, les inquiétudes et les espérances du peuple, tout en discernant comment continuer à annoncer l’Évangile, promouvoir la paix, favoriser la cohésion sociale et servir les plus vulnérables.

Silas Isenjia