Cotonou, 21 janvier, 2026 / 10:24 (ACI Africa).
Le cardinal Fridolin Ambongo, de l’archidiocèse catholique de Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC), a appelé le peuple de Dieu en Afrique à s’unir pour sensibiliser à la protection de l’environnement et aux défis urgents posés par le changement climatique.
Dans son intervention lors d’une conférence internationale sur l’écologie intégrale pour la survie et le bien-être de la Création, organisée dans l’archidiocèse catholique de Cotonou au Bénin, le cardinal Ambongo a souligné la vulnérabilité de l’Afrique face au changement climatique, malgré le fait qu’elle soit l’un des continents les moins pollueurs.
« L’Afrique est aujourd’hui considérée comme le continent qui pollue le moins, mais c’est le continent qui souffre le plus des conséquences du changement climatique. L’initiative de l’archevêque de Cotonou, que je salue, va donc dans le sens de la sensibilisation du monde africain autour de cette question », a déclaré le cardinal congolais lors de l’événement du 20 janvier, qui s’est tenu sur le campus de l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO-CUWA).
Il a ajouté : « Il est vrai que les grands pollueurs, responsables de toute cette pollution qui engendre le changement climatique, sont les grandes entreprises minières et forestières qui viennent détruire l’environnement. Mais en tant que peuple, nous avons aussi notre part de responsabilité. »
L’ordinaire de l’archidiocèse de Kinshasa, qui est également président du Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), estime qu’il est aujourd’hui essentiel d’encourager toute la communauté à comprendre que « nous sommes tous frères » et qu’il faut créer un environnement où chacun a sa place.
« Vous savez également que le Bénin vient de traverser une période troublée, avec une tentative de coup d’État il y a quelques semaines… Tout cela envoie des messages qui vont dans le mauvais sens. Et une initiative comme celle de l’archevêque de Cotonou consiste précisément à faire comprendre que ‘nous sommes tous membres de la même famille’ et que nous devons apprendre à travailler comme frères et sœurs pour tous », a-t-il expliqué.
Le cardinal a poursuivi : « Comment pouvons-nous créer un environnement afin de vivre en paix les uns avec les autres, mais aussi avec l’environnement qui nous entoure, conformément à la spiritualité de saint François d’Assise, Fratelli Tutti. »
Membre congolais de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins (OFM Cap), il a ajouté : « L’initiative de Cotonou représente pour nous la concrétisation de nombreuses choses—nombre d’appels, de documents et de déclarations—mais il est très rare de voir quelqu’un passer des déclarations et appels à la mise en œuvre réelle. »
« Pour moi, être ici, c’est d’abord remercier Mgr Roger Houngbédji pour cette initiative. En même temps, c’est une occasion pour moi, au nom de l’Église en Afrique, d’affirmer son choix, de dire que ce qu’elle fait, elle ne le fait pas seule ; c’est aussi le choix de toute l’Église en Afrique, qui s’inscrit dans l’option de l’Église universelle », a déclaré le cardinal.
Il a invité chacun à adopter cette dynamique d’un « changement de paradigme afin que nous puissions concevoir l’économie, l’agriculture et le travail avec la nature comme quelque chose qui doit profiter à tous les enfants de Dieu. »
Pour le cardinal congolais, les plus vulnérables et les plus petits « doivent être au centre des préoccupations. C’est pourquoi l’Église veut promouvoir une économie fondée sur la solidarité qui prenne tout le monde en compte. »
L’événement, qui s’est tenu du 20 au 22 janvier et a été organisé par l’archidiocèse catholique de Cotonou en collaboration avec l’UCAO-CUWA, a rassemblé chercheurs, universitaires et décideurs du monde entier pour débattre et proposer des solutions innovantes autour du thème : « Écologie intégrale pour la survie et le bien-être de la Création. »
Dans son allocution de bienvenue, Mgr Houngbédji a souligné la gravité de la situation actuelle, qui révèle les limites d’un modèle de développement basé sur l’exploitation excessive des ressources naturelles et la négligence de la justice sociale et de la fraternité humaine.
« Nous sommes ici parce que la situation est grave. Notre maison commune souffre. Les plus pauvres paient le prix le plus élevé pour un modèle de développement qui oublie les limites, la justice et la fraternité. Les consciences sont appelées à se réveiller », a-t-il ajouté.
Il a poursuivi : « En organisant cette conférence, l’Église au Bénin assume sa mission, à savoir : éclairer les consciences, rassembler les connaissances et rappeler à tous que la Création n’est pas une possession, mais un don confié par le Créateur à notre vigilance. »
Le membre de l’Ordre des Prêcheurs (O.P., Dominicains) a mis en lumière la contribution unique de l’Afrique, enracinée dans sa relation ancestrale à la terre et portant une sagesse fondée sur l’équilibre, l’harmonie avec la nature et la responsabilité envers les générations futures.
Il a exhorté les acteurs à dépasser le simple constat et à s’engager de manière décisive dans des actions concrètes et transformatrices.

