
Selon Mgr Obanyi, la présence des membres des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique n’est pas seulement symbolique mais fondamentale pour restaurer la confiance et l’identité. « Leur présence seule est capable d’instiller un peu de confiance », a-t-il précisé, notant que le personnel professionnel pourrait être intégré ultérieurement « sans perdre notre propre emprise et identité ».
Il a également réitéré que les plans de réouverture doivent être fondés sur un réalisme financier. Dans l’interview, il a détaillé comment une masse salariale insoutenable, combinée à des remboursements retardés et insuffisants de la SHA, avait paralysé l’hôpital. Avec environ 260 employés, le coût mensuel des salaires s’élevait à environ 9 millions KES (70 250 USD), tandis que les dépenses mensuelles totales atteignaient 18 millions KES (140 500 USD). « Si vous n’avez pas de patients dans les services mais que vous devez payer les travailleurs 9 millions KES par mois… qu’attendez-vous ? » s’est-il interrogé.
En raison de ce déséquilibre, le diocèse de Kakamega a décidé de procéder à des licenciements, une décision que Mgr Obanyi a qualifiée de douloureuse mais inévitable. « Nous avons déclaré des licenciements… afin de ne plus avoir pratiquement personne en termes de personnel », a-t-il expliqué, précisant que cette mesure a créé l’espace nécessaire pour restructurer les opérations et planifier une reprise durable tout en réglant les arriérés.

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Regardant vers l’avenir, Mgr Obanyi a indiqué à ACI Afrique que son diocèse visait prudemment janvier 2026 comme possible fenêtre pour la réouverture, sous réserve de considérations légales et logistiques. « D’ici fin janvier 2026, nous aurons probablement mis en place une modalité de réouverture », a-t-il déclaré, soulignant que le calendrier dépendait de la résolution des arriérés de salaires et de l’établissement de sources de revenus viables.
Mgr Obanyi a également replacé les difficultés de l’hôpital dans un contexte socio-économique plus large, citant l’effondrement de la Mumias Sugar Factory comme facteur externe majeur. L’usine, qui constituait autrefois l’épine dorsale économique de la région, assurait un flux constant de patients et de revenus, a-t-il expliqué.
Tout en reconnaissant des lacunes de gestion au fil des années, Mgr Obanyi a relativisé leur rôle comme cause principale de la crise. « Pour moi, ce n’est ni ici ni là », a-t-il dit, décrivant les problèmes comme « un échantillon de lacunes » aggravées par des mutations structurelles et économiques.

Malgré ces revers, le natif du diocèse catholique kényan de Kisii a exprimé son espoir, qualifiant la fermeture de tournant plutôt que de fin. Il a décrit cette expérience comme « un appel au réveil » pour les institutions sanitaires catholiques afin de réévaluer leurs priorités et leur fidélité à la mission. « Ce que je pense maintenant, c’est de restaurer nos établissements de santé pour qu’ils soient les hôpitaux de mission qu’ils étaient », a-t-il déclaré.
Dans un message adressé à la communauté locale, qui dépend de l’Hôpital de Mission Sainte-Marie de Mumias depuis des générations, Mgr Obanyi a exhorté à la patience et à la confiance. « Pour les gens qui ont toujours compté sur l’hôpital de Mumias, je souhaite leur dire de ne pas perdre espoir », a-t-il confié à ACI Afrique le 29 décembre, ajoutant avec confiance : « Nous allons recommencer et bien recommencer. »
Fondé en 1932 par les Sœurs Ursulines de Bergen, aux Pays-Bas, l’Hôpital de Mission Sainte-Marie de Mumias a commencé comme un modeste établissement de santé missionnaire au service du peuple de Dieu dans l’Ouest du Kenya.

Dans les années 1940, sa croissance initiale a conduit à la construction de structures semi-permanentes, suivie du premier bâtiment permanent en 1960, aujourd’hui le bloc administratif de l’hôpital. La nomination du premier médecin en 1971 a marqué une étape professionnelle majeure. En 1983, les Sœurs Ursulines ont officiellement remis l’hôpital au Diocèse catholique de Kakamega.
Aujourd’hui, l’Hôpital de Mission Sainte-Marie de Mumias fonctionne comme une organisation confessionnelle (FBO) dirigée par un conseil d’administration nommé par l’Ordinaire local du diocèse de Kakamega. Avant sa fermeture, l’établissement avait évolué en un hôpital universitaire et de référence de 255 lits, avec un programme initial de formation d’infirmiers devenu un véritable Collège de formation médicale.

Guidé par l’enseignement social catholique, l’hôpital a pour mission « de fournir des services de santé holistiques, centrés sur le patient, de qualité et abordables, en accomplissement du ministère de guérison de Jésus-Christ ».
Son premier plan stratégique (2012–2017) et celui suivant (2022–2027) ont exprimé une vision de leadership régional à travers le renforcement de la gouvernance, du capital humain, des infrastructures, des partenariats, de la qualité des services et de la durabilité financière, selon un rapport obtenu par ACI Afrique le 22 janvier.