Malabo, 23 janvier, 2026 / 11:38 (ACI Africa).
Une visite pastorale du pape Léon XIV en République de Guinée équatoriale a été officiellement annoncée, faisant de ce pays d’Afrique centrale le deuxième du continent, après l’Angola, à confirmer le premier voyage africain attendu du Pontife depuis son élection en mai 2025.
L’annonce a fait suite à une rencontre de haut niveau entre le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, et les évêques catholiques du pays, marquant le début de préparatifs coordonnés entre l’Église et l’État pour ce qui a été qualifié d’« occasion historique », selon un rapport publié le vendredi 23 janvier par le Service de presse de la Guinée équatoriale (PDGE).
Selon ce rapport, le chef de l’État équato-guinéen a rencontré les membres de la Conférence épiscopale de Guinée équatoriale (CEGE) afin de « coordonner les préparatifs d’un événement historique : la prochaine visite du pape Léon XIV en République de Guinée équatoriale ».
Conduits par le président de la CEGE, Mgr Juan Domingo-Beka Esono Ayang, évêque du diocèse de Mongomo, les responsables de l’Église catholique ont échangé avec le chef de l’État sur les dispositions logistiques et organisationnelles.
À l’issue de la rencontre, le président Obiang s’est adressé à la presse, soulignant à la fois l’importance nationale et la dimension internationale de la visite papale.
Il a insisté sur le fait que le pape Léon XIV serait accueilli avec un très haut niveau de mobilisation populaire, déclarant : « La Guinée équatoriale a l’habitude de recevoir des personnalités, elle mobilisera donc la population pour donner à cet événement le caractère apothéotique que mérite le Saint-Père, afin de laisser une bonne impression de la population et du nom de la Guinée équatoriale sur le plan international. »
Le président a également décrit la visite comme ayant un double caractère : pastoral, en tant que chef de l’Église catholique, et politique, en tant que chef d’État du Vatican.
Pour l’Église locale, l’annonce est présentée comme un moment de profonde signification spirituelle. Mgr Domingo-Beka a qualifié la visite attendue de « moment de grâce et de joie pour le peuple équato-guinéen », soulignant qu’il s’agira de la première visite d’un pontife dans le pays depuis 44 ans.
Il a appelé le peuple de Dieu, dans les paroisses et les autres institutions catholiques à travers le pays, à entamer immédiatement une préparation spirituelle, les invitant à s’unir autour de trois actions clés : « préparer, accueillir et vivre cette visite pastorale du Saint-Père ».
La dernière visite papale en Guinée équatoriale remonte au 18 février 1982, lorsque saint Jean-Paul II s’était rendu dans le pays, devenant le premier et, jusqu’à présent, le seul pontife à y avoir effectué une visite.
Le rapport du PDGE rappelle que cette visite avait marqué « un jalon dans l’histoire ecclésiale du pays », le pape Jean-Paul II ayant encouragé les chrétiens « à la fidélité au Christ et à l’Église ». Lors de cette visite, le défunt pontife avait rencontré le président Obiang et célébré une messe à Bata, un événement qui a laissé une empreinte durable dans la vie religieuse et sociale de la nation. Le rapport décrit cette visite comme ayant apporté « un message de paix et de réconciliation », ajoutant qu’elle est restée dans les mémoires comme transformatrice pour un pays qui a depuis « évolué et prospéré ».
Depuis la mort de saint Jean-Paul II, les relations entre la Guinée équatoriale et le Saint-Siège sont demeurées constamment solides, indique le rapport, ajoutant que le gouvernement et l’Église catholique ont, à plusieurs reprises, exprimé leur souhait d’accueillir une nouvelle visite papale, le président Obiang s’étant rendu à plusieurs reprises au Vatican pour rencontrer chacun des pontifes qui ont succédé à Jean-Paul II.
En 2016, le couple présidentiel a effectué un pèlerinage à Rome aux côtés de fidèles chrétiens, renforçant davantage les liens avec le Saint-Siège. Ces relations ont porté des fruits visibles en 2017, lorsque la basilique-cathédrale de Mongomo a accueilli l’intronisation de trois nouveaux évêques et l’érection de deux nouveaux diocèses, Mongomo et Ebibeyin.
Après l’élection du pape Léon XIV, le rapport du PDGE note que le couple présidentiel s’est de nouveau rendu au Vatican pour saluer le nouveau pontife et réitérer formellement l’invitation qui est aujourd’hui en cours de préparation.
Ainsi, le gouvernement et l’Église se préparent conjointement à accueillir le pape Léon XIV à la fois comme guide spirituel de l’Église catholique universelle et comme chef d’État.
La confirmation de la Guinée équatoriale comme destination papale intervient quelques jours après une annonce similaire de l’Angola, faisant du pays lusophone d’Afrique australe le premier du continent à confirmer publiquement la visite du Saint-Père.
Le 13 janvier, le nonce apostolique en Angola, Mgr Kryspin Witold Dubiel, a annoncé que le Saint-Père avait accepté les invitations des évêques catholiques ainsi que du président João Lourenço.
Les responsables de l’Église en Angola ont lié la visite attendue à d’importants jalons nationaux et ecclésiaux, notamment le 450ᵉ anniversaire de Luanda en tant que ville et centre de la foi chrétienne. Mgr Filomeno do Nascimento Vieira Dias, archevêque de l’archidiocèse de Luanda, a décrit la visite comme « un moment de grand réconfort humain et spirituel », tandis que Mgr José Manuel Imbamba a appelé les citoyens à participer activement aux comités de préparation.
Pris ensemble, les confirmations de l’Angola et de la Guinée équatoriale mettent en évidence une dimension linguistique et culturelle notable de l’itinéraire africain envisagé du pape Léon XIV. L’Angola représente le monde lusophone, tandis que la Guinée équatoriale se distingue comme le seul pays hispanophone d’Afrique.
Des rapports ont également évoqué de possibles visites au Cameroun, pays bilingue où coexistent l’anglais et le français, ainsi qu’en Algérie, pays arabophone d’Afrique du Nord.
En décembre 2025, le pape Léon XIV lui-même avait exprimé son désir de se rendre en Afrique, mentionnant spécifiquement l’Algérie comme destination potentielle afin de « poursuivre le dialogue et la construction de ponts entre le monde chrétien et le monde musulman ».
Si un tel itinéraire se concrétise, il refléterait symboliquement la diversité linguistique et culturelle du continent africain, tout en soulignant le caractère universel de l’Église catholique.
Pour la Guinée équatoriale, la visite papale marquerait non seulement le retour d’un pontife après plus de quatre décennies, mais placerait également ce petit pays d’Afrique centrale au cœur de la carte ecclésiale mondiale, alors qu’il se prépare à accueillir le pape Léon XIV avec un accueil que son président a promis digne de l’événement.
Le pape Léon XIV est le premier pontife de l’histoire moderne à avoir une connaissance directe de l’Afrique. Contrairement à ses prédécesseurs, il s’est déjà rendu personnellement en Afrique de l’Est, de l’Ouest, australe, du Nord et centrale.

