Sommet des Nations Unies sur la «  santé reproductive » Rencontre  destructrice pour l'humanité, selon les dirigeants des Églises africain

Affiche de la CIPD25 prévue au Sommet des Nations Unies à Nairobi, au Kenya
Credit: Domaine Public

A l'occasion de la Conférence internationale des Nations Unies sur la population et le développement (CIPD25) qui se tiendra à Nairobi, au Kenya, les dirigeants de l'Église catholique en Afrique se sont joints à d'autres dirigeants chrétiens pour faire part de leurs préoccupations concernant l'agenda de l'événement, qu'ils considèrent comme destructeur pour l'humanité et les valeurs entourant la vie humaine.

« Nous trouvons qu'une telle conférence n'est pas bonne pour nous, (et) détruit  la vie », a averti le vice-président du Bureau national de la vie familiale de la Conférence des évêques catholiques du Kenya (KCCB), Mgr Alfred Rotich.

« Il y aura environ 10 000 personnes ici et nous savons à quoi elles servent, elles ne sont pas pro-vie mais elles sont 10 000 pour l’avortement. Ce sont des praticiens de ce qui est contre la vie. Leur venue ici a pour but de cautionner une mauvaise politique", a déclaré à ACI Afrique Mgr Rotich, qui a servi dans l’Ordinariat militaire avant sa retraite à l'âge de 55 ans.

Le Sommet de Nairobi sur la CIPD25 a été organisé à l’occasion du 25e anniversaire de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) qui s’est tenue au Caire, en Égypte, où 179 gouvernements ont adopté un programme d’action phare, qui vise à autonomiser les femmes et les filles pour leur bien-être.

Cinq thèmes ont été formulés pour guider la conférence de trois jours parrainée par l'UNFPA. En tête de liste : « l’accès universel à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. »

Mgr Rotich a décrit le Kenya, l'hôte de la conférence, comme un pays « toujours ouvert, prêt et réceptif à toutes sortes de discussions et de choses » et s'est demandé pourquoi le président kenyan a offert ce pays comme marché pour le programme pro-avortement qui y sera vendu.

« Nous l'examinons sous le regard de la culture africaine et nous demandons à la nation, par l'intermédiaire du Président, si nous n'avons pas de valeurs, »a souligné Mgr Rotich lors de son entretien avec ACI Afrique.

Le prélat du Kenya a continué en posant une question: "Que dit la Constitution au sujet du respect de Dieu ? Quelle est notre interprétation, en tant que nation indépendante et souveraine ?

Sommes-nous conscients de l'ennemi qui interfère continuellement avec notre tradition et notre culture de protection de la vie ?"

Il a décrit le Sommet comme une intrusion qui est un « dragon contre notre programme de vie » et a affirmé : « Nous devons protéger nos frontières, qui (sont) dans ce cas-ci la vie de ce pays - maintenant et dans le futur ».

L'archevêque de l'archidiocèse de Mombasa au Kenya, Martin Kivuva, a qualifié l'ordre du jour de la CIPD25 d' « inacceptable selon notre enseignement de l'Église catholique" et a mis en garde, comme Mgr Rotich, le président Uhuru Kenyatta, contre le forum, qui se tient dans son pays.

« Soyez averti, Monsieur le Président, ce sont ces questions (l'ordre du jour de la CIPD25) que vous devriez surveiller », a averti Mgr Kivuva et a ajouté : « Nous devons dire non, nous ne pouvons pas accepter cela ».

Faisant référence aux organisateurs du Sommet des Nations Unies de Nairobi, le prélat du Kenya a fait remarquer : « Ce n'est pas la première fois qu'ils font cela, et ils ont un programme caché ».

« Rappelez-vous qu'il s'agit surtout de réduction de la population. Alors qu’en Europe, il n'y a pas de croissance, on nous dit que nous sommes nombreux », a dit Mgr Kivuva,  qui ajoute en référence aux organisateurs étrangers du Sommet des Nations Unies à Nairobi :  « ils nous disent que nous sommes pauvres parce que nous sommes nombreux. C'est un mensonge ! Nous sommes pauvres parce qu'ils ont pris et prennent encore nos ressources. Regarde la RD Congo, avec tous les minéraux, ça devrait être le pays le plus riche. »

Mgr Charles Kasonde, président de l'Association des membres des Conférences épiscopales d'Afrique de l'Est (AMECEA), a qualifié la population africaine de « bonne » et de  « modérée », en soulignant l'importance de l'agenda démographique.

« En termes de population, c'est la pauvreté qui nous entraîne vers le bas autrement, l'Afrique est très peu peuplée ", a déclaré à ACI Afrique Mgr Kasonde, évêque de Solwezi en Zambie.

Pour contrer l'ordre du jour de la conférence CIPD25, organisée par l'UNFPA en partenariat avec les gouvernements du Kenya et du Danemark, le Kenya Christian Professionals Forum (KCPF) avec le soutien des évêques catholiques du Kenya a organisé une convention parallèle qui doit avoir lieu du 11 au 14 novembre.


ACI Africa a été officiellement inaugurée le 17 août 2019 en tant qu'agence de presse catholique continentale au service de l'Église en Afrique. Ayant son siège à Nairobi, la capitale du Kenya, cet apostolat médiatique s’efforcera de faciliter la narration de l’histoire de l’Afrique en assurant une couverture médiatique des événements catholiques sur le continent africain, en donnant une visibilité aux activités de l’Église en Afrique, où les statistiques montrent une croissance significative continent devenant peu à peu l’axe du catholicisme. Cela devrait contribuer à la prise de conscience et à l'appréciation du rôle important de l'Église en Afrique et, au fil du temps, à la réalisation d'une image réaliste de l'Afrique qui reçoit souvent un encadrement négatif des médias.

P. Don Bosco Onyalla
Rédacteur en chef, ACI Afrique
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