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Un ministre sud-soudanais suggère des moyens de rendre un évêque pacifique "fier dans sa tombe".

Un responsable gouvernemental du Soudan du Sud a mis au défi le peuple de Dieu dans ce pays d'Afrique centrale et orientale d'œuvrer pour une paix durable, affirmant que c'est la seule façon de rendre fier de son pays Mgr César Mazzolari, un prélat catholique qui a travaillé sans relâche pour libérer le pays de nombreuses années de guerre civile.

Deborah Akech Kuocnic, ministre du travail, de la fonction publique et du développement humain de l'État des Lacs, au Sud-Soudan, a rendu hommage à Mgr Mazzolari, décédé il y a dix ans, lors de l'anniversaire du défunt, le vendredi 16 juillet dernier.

Dans son hommage partagé avec ACI Afrique, le ministre de l'État des Lacs a déclaré, en référence à Mgr Mazzolari qui a servi le diocèse catholique de Rumbek de 1990 jusqu'à sa mort le 16 juillet 2011 : " Alors que nous réfléchissons aujourd'hui à ce pays et au diocèse qu'il aimait tant, posons-nous ces simples questions : ce pays est-il dans un état tel qu'il l'aurait souhaité ? Ce diocèse est-il à l'image de ce que le regretté Mgr César Mazzolari aurait voulu qu'il soit ?"

Elle a ajouté : "Nous connaissons les réponses simples à ces questions simples. Je pense que nous pouvons faire mieux et le rendre (Mgr Mazzolari) fier dans sa tombe."

Mme Akech se souvient que dans sa lutte pour la libération du Soudan du Sud, qui a accédé à l'indépendance le 9 juillet 2011, le défunt évêque ne s'est jamais plaint des épreuves qu'il a traversées, même aux mains des militants dans le pays qui était plongé dans l'une des plus longues guerres civiles du monde.

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"Il (MgrMazzolari) a un jour été interdit de venir au Soudan du Sud par le haut commandement de l'APLS alors que ce qu'il faisait était au bénéfice de ceux-là mêmes qui l'avaient interdit", déclare le ministre sud-soudanais, et ajoute : "N'importe qui d'autre à sa place aurait jeté l'éponge et serait parti ailleurs. Il n'a jamais abandonné son peuple jusqu'à ce que l'interdiction soit levée."

Le fonctionnaire qui a fréquenté l'école secondaire pour filles Zeinab, l'une des écoles fondées par Mgr Mazzolari dans le diocèse de Nakuru, au Kenya, en pleine guerre civile au Soudan, affirme que le défunt évêque "n'a jamais perdu de vue la nécessité de la paix".

"Il priait constamment pour la paix au Soudan du Sud", dit Mme Akech, ajoutant que le membre des Missionnaires Comboniens est connu pour avoir écrit une prière pour la paix au Sud-Soudan qui était récitée chaque jour dans toutes les écoles, paroisses et institutions du diocèse catholique de Rumbek. 

Le verset de la Bible le plus cité par l'évêque, se rappelle-t-elle, était tiré de l'Évangile de Matthieu 5:9, "Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu".

Le ministre sud-soudanais, qui travaillait auparavant au Bureau national des statistiques du Soudan du Sud, affirme que Mgr Mazzolari a joué un rôle essentiel lors des campagnes de référendum qui ont conduit à l'indépendance du pays vis-à-vis du Soudan le 9 juillet 2011.

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"Il a dit au peuple que c'était la seule chance de nous accorder la souveraineté et d'être des citoyens de première classe dans notre pays. Le peuple a voté massivement pour l'indépendance", se souvient-elle dans sa réflexion partagée avec ACI Afrique et publiée sur sa page Facebook le 16 juillet.

Mme Akech se souvient qu'une semaine avant la déclaration d'indépendance du Sud-Soudan, le médecin de Mgr Mazzolari lui a demandé de se rendre à Nairobi, au Kenya, pour que l'indépendance puisse être célébrée en son absence, mais l'évêque n'en a pas voulu.

Le ministre de l'État des Lacs raconte que le médecin était conscient de ce que l'excitation de la déclaration d'indépendance aurait sur sa santé.

Mme Akech se souvient de la réponse de l'évêque à son médecin : "Tout ce que j'ai toujours voulu, c'est un Sud-Soudan indépendant et pacifique. Si je meurs après avoir vu le Sud-Soudan comme une nation séparée, je mourrai en homme heureux."

L'évêque d'origine italienne a présidé les prières du jour de l'indépendance du Soudan du Sud sur la place de la Liberté de Rumbek et est décédé une semaine plus tard.

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Ce fonctionnaire du gouvernement de l'État des Lacs, basé à Rumbek, compare la vie, l'œuvre et la mort de Mgr Mazzolari à celles de Jésus : "C'est exactement comme ce que Jésus a dit sur la croix : 'tout est accompli ! Jésus a fait ce que son père l'avait envoyé faire sur terre et il était temps de retourner auprès de son père."

"Le décès de feu Mgr Caesar Mazzolari, une semaine après la déclaration d'indépendance, a montré qu'il avait accompli sa mission pour la paix au Sud-Soudan", dit-elle, et elle ajoute : "Il était temps de rentrer chez lui, auprès du père qui l'a choisi pour être un artisan de la paix et le berger de ce diocèse."

Mgr Mazzolari est décédé à l'âge de 74 ans alors qu'il concélébrait la Sainte Messe le matin du 16 juillet 2011.

Les personnes présentes à la célébration eucharistique ont déclaré que l'évêque avait fait une crise. Il aurait trébuché sur sa chaise au moment de la consécration et se serait agrippé à la poitrine en cherchant à respirer. Après avoir été transporté d'urgence à l'hôpital d'État de Rumbek, le médecin de l'hôpital a constaté le décès à 8 heures du matin.

Dans des messages partagés avec ACI Afrique à l'occasion du 10e anniversaire de son décès, le défunt évêque a été décrit comme "un véritable homme de Dieu... un homme du peuple" et un véritable artisan de la paix qui a tout donné pour libérer le Sud-Soudan d'années de guerre civile, de pauvreté et d'analphabétisme.

Mme Akech décrit le décès de Mgr Mazzolari comme le moment le plus difficile pour les fidèles catholiques du Soudan du Sud, en particulier dans le diocèse de Rumbek.

"Nous avions tous le cœur brisé et étions confus. À ce moment-là, je me sentais comme un mouton sans berger. Sans ses conseils, nous perdions notre chemin et nous nous égarions", dit-elle dans sa réflexion partagée avec ACI Afrique. 

"Lorsque feu l'évêque Caesar Mazzolari est arrivé au Soudan du Sud, le diocèse catholique de Rumbek a vu la lumière au bout du tunnel", déclare le fonctionnaire du gouvernement de l'État des Lacs.

Elle ajoute : "Ceux d'entre nous dont les espoirs en matière d'éducation avaient été anéantis ont pu les retrouver. Il a créé l'école Comboni Mapuordit et cette école est devenue le champion de l'éducation dans un Sud-Soudan déchiré par la guerre."

Selon elle, la célébration du 10e anniversaire de la mort du natif du diocèse de Brescia, en Italie, ravive la douleur.

"Personnellement, il me manque beaucoup car il était mon tuteur spirituel. Ce jour fait revenir des larmes fraîches dans mes yeux tout comme le 16 juillet 2011 ", dit Mme Akech, et ajoute : " Votre Seigneurie Mgr César Mazzolari, nous vous aimons mais c'est Dieu tout-puissant qui vous a donné qui vous aime le plus. ”

"S'il vous plaît, intercédez pour nous et ce diocèse afin que la paix à laquelle vous aspiriez de votre vivant puisse prévaloir. Que votre âme précieuse continue de reposer dans une paix parfaite ! "implore Mme Akech.