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Au Cameroun, une entité catholique renforce la formation psychosociale des sœurs traumatisées

La fondation catholique pontificale et caritative Aide à l'Église en Détresse (AED) International a annoncé son intention de soutenir la formation psychosociale des sœurs de l'archidiocèse de Bamenda au Cameroun qui, selon la fondation, ont été traumatisées par la violence actuelle dans la région anglophone de ce pays d'Afrique centrale.

Dans un rapport publié mercredi 8 septembre, AED note que plus de 40 sœurs et novices de la communauté de Sainte-Anne, située au cœur du conflit, ont été témoins de la violence et vivent actuellement dans la peur, d'où la nécessité d'un soutien psychosocial.

L'organisation rapporte, à propos des sœurs, que "leur maison de formation est proche de la ville de Bamenda, qui se trouve à seulement un mile (1,6 km) de la zone où les combats font rage." Le rapport ajoute : "Les trois postulantes, cinq novices et 37 jeunes sœurs à vœux temporaires, qui suivent actuellement une formation dans la maison, ont été traumatisées par la violence dont elles ont été les témoins directs et par le climat permanent de peur."

Pour aider les sœurs à faire face à la situation, la Congrégation a proposé de leur offrir un atelier de deux semaines au cours duquel elles apprendront à gérer ces expériences et à faire face à la situation sans que cela ne leur cause de grands dommages.

"L'objectif est d'inspirer une nouvelle confiance en eux et de les aider à surmonter le sentiment de peur qui persiste", explique AED.

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"Il règne une atmosphère de peur", déclare Sœur Pamela Bongben, qui dirige la maison de formation.

Les marches de protestation de 2016 dans la région anglophone contre une marginalisation perçue dans le pays majoritairement francophone ont évolué vers la crise actuelle qui en est à sa cinquième année.

Depuis lors, ces protestations ont dégénéré en un conflit armé majeur et permanent entre le gouvernement central et les séparatistes des régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun.

Des milliers de personnes ont été tuées et des centaines de milliers ont été forcées de fuir à cause du conflit dans lequel le clergé catholique et d'autres personnels et enseignants de l'Église auraient également été pris pour cible.

AED explique que les Sœurs de Sainte Anne sont une congrégation fondée en Italie au XIXe siècle, avant tout pour éduquer et soutenir les enfants et les jeunes pauvres et défavorisés.

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Pour expliquer son don de 9 500 euros destiné à soutenir le programme de deux semaines, AED explique que l'idée est que les sœurs ne bénéficient pas seulement d'un soutien personnel, mais qu'elles apprennent également à aider et à soutenir d'autres personnes ayant vécu des expériences traumatiques similaires.

"Dans une région comme celle-ci, où la plupart des gens ont dû affronter la violence, la peur et la mort, il s'agit d'une partie importante de leur travail pastoral. Mais inévitablement, le cours coûtera de l'argent, il faudra acheter du matériel didactique, payer les conférenciers compétents pour leur temps et leurs frais de déplacement. La Congrégation, qui aide les pauvres et est elle-même pauvre, ne peut pas se permettre ce coût et a demandé notre soutien", déclare AED.

L'organisation pontificale observe que le traumatisme non résolu pourrait conduire certaines des jeunes sœurs à souffrir d'une crise émotionnelle et à abandonner leur vocation.