Advertisement

Le processus synodal ne plaide pas en faveur d'une "Église démocratique", clarifie un évêque catholique kényan

Mgr Maurice Muhatia, évêque du diocèse de Nakuru au Kenya, pendant le webinaire organisé par les Publications Paulines d'Afrique pour sensibiliser au Synode sur la Synodalité qui doit s'ouvrir solennellement le mois prochain à Rome. Crédit : Sr Olga Massango Mgr Maurice Muhatia, évêque du diocèse de Nakuru au Kenya, pendant le webinaire organisé par les Publications Paulines d'Afrique pour sensibiliser au Synode sur la Synodalité qui doit s'ouvrir solennellement le mois prochain à Rome. Crédit : Sr Olga Massango

Le Synode sur la synodalité se distingue spécifiquement par l'inclusion du peuple de Dieu au niveau local dans les processus décisionnels de l'Église. Selon un évêque catholique kenyan, cela ne se traduit pas pour autant par une forme de démocratie où les opinions seraient acceptées en dehors des structures hiérarchiques de l'Église.

Dans sa présentation lors d'un séminaire en ligne organisé par Paulines Publications Africa pour sensibiliser au Synode qui doit s'ouvrir solennellement le mois prochain à Rome, Mgr Maurice Muhatia a noté que des idées fausses circulaient déjà sur l'idée d'impliquer les laïcs dans le processus décisionnel de l'Église.  

"L'implication des laïcs dans la prise de décision ne signifie pas que nous plaidons pour une Église démocratique. Un processus synodal pour une Église synodale est censé se dérouler au sein d'une structure hiérarchique déjà établie de l'Église", a déclaré Mgr Muhatia lors de l'événement virtuel du samedi 18 septembre.

S'en tenir aux structures déjà établies de l'Église pendant le processus synodal, a déclaré l'évêque catholique du diocèse de Nakuru au Kenya, "est très important pour éviter les malentendus."

Advertisement

"Nous entendons certains parler d'une Église démocratique ; certains parlent d'un système parlementaire maintenant dans l'Église", a déclaré Mgr Muhatia, et a ajouté : "Ce sont toutes des questions étrangères et ne sont pas voulues par le Saint-Père."

L'Ordinaire du diocèse de Nakuru, qui est également vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Kenya (KCCB), a fait remarquer qu'alors que la nouvelle synodalité appelle à une plus grande implication du peuple dans ce qui se passe dans l'Église, il faut toujours éviter les idées fausses sur la participation au processus de prise de décision dans l'Église.

Le synode sur la synodalité, dont le pape François a annoncé plus tôt cette année l'ouverture solennelle les 9 et 10 octobre 2021 à Rome, a été salué pour sa capacité à impliquer les personnes à la base dans le processus décisionnel de l'Église, en invitant tous les membres de l'Église à cheminer ensemble en tant que communauté.

Organisé sous le thème "Pour une Église synodale : Communion, participation et mission", le Synode sur la synodalité s'ouvrira solennellement dans chaque Église particulière le 17 octobre.

More in Afrique

Mgr Muhatia explique qu'initialement, ce Synode des évêques devait se tenir à Rome en octobre 2022, mais qu'il a été repoussé à octobre 2023 pour permettre une consultation plus large du peuple de Dieu à travers le monde.

"La consultation, le discernement, le cheminement ensemble et la participation sont les termes constants que nous entendrons au fur et à mesure que nous cheminerons ensemble dans l'intérêt de la synodalité", déclare l'évêque kenyan.

Il explique qu'à travers les consultations entre le peuple de Dieu à la base, l'Église apprendra par l'expérience quels processus peuvent l'aider à vivre la communion, à réaliser la participation et à s'ouvrir à la mission.

Le vice-président du KCCB note que l'engagement du Synode se fera entre le Saint Père et les évêques catholiques, les évêques catholiques et les communautés locales de fidèles chrétiens.

Advertisement

Le principe de la synodalité et de la communion est maintenant, pour la première fois, étendu à d'autres chrétiens qui ne sont pas catholiques, a-t-il déclaré lors de l'événement virtuel du 18 septembre.

L'accent mis sur les dialogues interreligieux proposé dans le document préparatoire et le manuel du Synode 2023 publié le 7 septembre souligne la nécessité de cheminer avec les membres d'autres religions, affirme l'Ordinaire local du diocèse de Nakuru au Kenya.

"Cela ne s'arrête pas là", déclare Mgr Muhatia en référence au processus synodal, et explique : "Cela encourage à tendre la main à ceux qui ne croient pas en Dieu. Alors l'Église existe pour tout le monde. Elle existe pour ceux qui sont dans le corps du Christ et la société en général."

Selon lui, le document préparatoire et le manuel pour le Synode de 2023 sont deux documents importants, surtout au moment où les gens abordent la phase diocésaine du processus synodal.

"Ces documents permettront d'améliorer la participation et la consultation de l'Église au niveau diocésain et surtout, à terme, au niveau de la conférence", explique le responsable de la KCCB. 

Le natif du diocèse de Kakamega au Kenya explique que les conférences épiscopales sont censées nommer des équipes de représentants pour assurer la coordination avec le Secrétariat général du Synode des évêques.

"Chaque personne du diocèse doit se sentir écoutée lors de ces consultations", déclare Mgr Muhatia, ajoutant que les documents de chaque siège épiscopal seront rassemblés et envoyés au secrétariat de la Conférence des évêques qui fera une synthèse de tous les points de vue générés. Il note qu'à ce stade, les évêques "écouteront le peuple de Dieu tout en écoutant les écritures."

Les évêques catholiques enverront ensuite ce qu'ils auront synthétisé aux membres du Secrétariat général du Synode des évêques à Rome qui, selon Mgr Muhatia, "se réuniront pour écouter ce que l'Esprit aura inspiré dans les Églises qui leur sont confiées."

Après avoir reçu et examiné tous les documents des différentes conférences, le Secrétariat général à Rome rédigera le premier document de travail du Synode, qui sera publié et renvoyé aux Églises particulières, y compris les conférences épiscopales et les diocèses, en septembre 2022.

La phase continentale du Synode devrait commencer en septembre 2022 et se terminer en mars 2023. Mgr Muhatia explique que l'objectif de cette phase sera d'engager un dialogue avec le premier document du Synode.

Le document, explique l'évêque kenyan, sera "plus riche parce qu'il viendra des quatre coins du monde. Il sera issu de chacun d'entre nous".

Chaque groupe continental rédigera ensuite un document final, qui sera à nouveau envoyé à Rome en mars 2023. 

En Afrique, le groupe continental de l'Église catholique est le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM), qui compte huit membres régionaux, dont l'Association des conférences épiscopales membres d'Afrique orientale (AMECEA), la Réunion interrégionale des évêques d'Afrique australe (IMBISA), les Conférences épiscopales régionales d'Afrique occidentale (RECOWA) et l'Association des conférences épiscopales de la région d'Afrique centrale (ACERAC).

Les autres Conférences régionales du SCEAM sont l'Association des Conférences Episcopales d'Afrique Centrale (ACEAC), l'Assemblée de la Hiérarchie Catholique d'Egypte (AHCE), la Conférence Episcopale Régionale d'Afrique du Nord (CERNA), et les Conférences Episcopales de l'Océan Indien (CEDOI).  

Sur la base des réponses continentales, le Secrétariat général à Rome devra rédiger un deuxième document. Celui-ci devrait marquer le début de la phase universelle du processus, qui culminera lors de la célébration de l'Assemblée générale des évêques à Rome en octobre 2023.

Mgr Muhatia note qu'avec le synode sur la synodalité, le pape François propose quelque chose qui a toujours été son mode de vie.

"Il (le pape François) ne nous propose pas quelque chose qui sort de son style de vie", déclare l'évêque kényan lors de l'événement du 18 septembre, et ajoute : "Les structures que nous voulons voir dans l'Église, les processus que nous voulons voir dans l'Église, c'est quelque chose que luimême a intériorisé et qu'il nous invite à faire de même."

Il fait référence au thème du synode et pose la question suivante : " La question qui découle du thème est de savoir comment vivre la communion, comment parvenir à la participation afin de nous ouvrir à la mission. "

L'évêque catholique appelle le peuple de Dieu à réfléchir sur la manière dont il chemine ensemble en tant qu'Église synodale et dans la proclamation de l'Évangile de Jésus-Christ.

"Cheminer ensemble ne peut pas vieillir. Le chemin parcouru ensemble se régénère. Si nous grandissons ensemble aujourd'hui, demain nous aurons le désir de grandir ensemble, l'exigence de grandir ensemble", dit Mgr Muhatia.