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Prenez la tâche d'unir et de guérir la nation "sérieusement" : Un évêque catholique aux chrétiens du Nigeria

Mgr Hassan Kukah Mgr Hassan Kukah

Les chrétiens du Nigeria ont le devoir de prendre "au sérieux" la tâche d'apporter l'unité et la guérison à leur pays, qui "se fracture et se brise de jour en jour", a déclaré l'évêque catholique du diocèse de Sokoto. 

Dans un message partagé avec ACI Afrique lundi 18 octobre, Mgr Matthew Hassan Kukah exhorte les disciples du Christ dans la nation ouest-africaine à examiner leur vie et à voir comment ils pourraient avoir contribué aux "crises auxquelles notre nation est confrontée aujourd'hui".

"Notre société se fracture et se désagrège de jour en jour. Pour nous, chrétiens, qui avons prié Jésus lui-même pour que nous soyons tous un, œuvrer pour un monde uni et pacifique est notre mission en tant que chrétiens. Nous devons prendre au sérieux notre tâche de guérisseurs", déclare Mgr Kukah.

La réconciliation, ajoute l'évêque nigérian, "est un élément fondamental de la foi chrétienne et la raison en est simple : Jésus est venu dans un monde déchu pour le réconcilier avec Dieu et le pont sur lequel nous marchons vers cette réconciliation est l'amour."

"Le pardon est inscrit dans l'ADN de tous les chrétiens", a déclaré l'Ordinaire du diocèse de Sokoto, qui est également président du dialogue et de la mission de la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN), dans un message prononcé lors du 120e anniversaire de la fondation de l'Église africaine, le 12 octobre.

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"En tant que corps du Christ, nous devons donc nous réexaminer, réexaminer nos messages et déterminer dans quelle mesure, par action ou inaction, nous avons pu contribuer aux crises auxquelles notre nation est confrontée aujourd'hui", déclare Mgr Kukah. 

Les chrétiens sont souvent tentés de penser qu'ils sont lésés, alors qu'il est tout à fait possible que nous soyons les pécheurs et que nos actions ou notre manque d'actions aient aggravé notre situation, observe-t-il. 

"Très souvent, ne pas pécher en agissant ne signifie pas que nous sommes innocents", déclare l'épiscopat catholique, ajoutant que les chrétiens de la nation ouest-africaine sont en sommeil lorsqu'il s'agit de parler des problèmes du pays. 

Il explique : "Nous avons souvent adopté la position du singe qui croit que la véritable paix consiste à ne rien voir, ne rien dire et ne rien faire. Les raisons pour lesquelles nous ne faisons rien sont souvent très complexes et même innocentes. Ces raisons pourraient même être à la mesure des hommes ou des femmes de bien qui ne souhaitent pas mettre leur nez dans les affaires des autres ou qui ont peur d'être mal compris. ”

L'évêque de Sokoto met en garde les chrétiens contre le laxisme, affirmant qu'ils ont le devoir de parler des maux de la société. 

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"Dans toutes les situations de conflit, quels que soient les dangers, les chrétiens sont appelés à répondre avec les armes de leur autorité morale", déclare Mgr Kukah. 

Outre la condamnation des maux de la société, les chrétiens "peuvent faire beaucoup plus selon le conflit", dit-il encore dans son message intitulé "Fermement enraciné et visant plus haut : La foi en temps de crise".

L'évêque catholique de 69 ans poursuit en proposant des suggestions sur la manière dont les chrétiens peuvent agir pour sauver la situation du Nigeria.

Premièrement, il dit : "La prière reste l'arme de choix pour le chrétien. Il en est ainsi parce que, comme je l'ai dit précédemment, notre Seigneur et Sauveur était un Prince de la Paix. Dans ce monde, dit Jésus, vous aurez des tribulations, mais prenez courage."

"Les chrétiens doivent considérer la paix comme le don qu'ils doivent au monde. Ainsi, la prière de saint François doit devenir notre devise : Seigneur, fais de nous des instruments de ta paix. Que ce soit dans les moments de guerre, de désespoir, de haine et de tout le mal du monde, le chrétien est appelé à répondre par le message de la Paix", ajoute-t-il. 

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Deuxièmement, selon Mgr Kukah, les chrétiens doivent considérer les périodes difficiles comme une occasion de témoigner de l'Évangile. 

"Nous sommes dans une nation aux identités et aux théologies concurrentes, voire conflictuelles. Certains croient en une forme de théocratie tandis que d'autres sont issus d'une tradition de séparation de l'Église et de l'État. Quoi qu'il en soit, le défi pour les chrétiens est de considérer les crises et les conflits comme des occasions de témoigner de l'Évangile", déclare Mgr Kukah. 

Il explique : "Outre le témoignage prophétique par la proclamation du message de Jésus-Christ, c'est-à-dire un message de non-violence, il existe des symbolismes que les Eglises peuvent adopter. L'appel public à la prière ou à une spiritualité renouvelée en est un exemple. Cela peut prendre la forme de journées fixes pour la prière ou le jeûne, ou les deux."

Troisièmement, l'évêque président du dialogue et de la mission au CBCN affirme que le peuple de Dieu peut rendre des visites de solidarité dans les zones de conflit. 

"Cette solidarité peut s'exprimer par la mobilisation de ressources comme à l'époque des Apôtres pour soutenir les Églises en difficulté", dit-il, ajoutant que ce type de témoignage public est important car il donne toujours aux croyants l'occasion de partager avec les moins fortunés, toutes confessions confondues. 

Grâce aux visites de solidarité dans les zones de conflit, "les non-croyants peuvent voir le sens de notre foi", déclare Mgr Kukah.

Pour sauver la situation du Nigeria, l'évêque nigérian suggère également que les chrétiens "ouvrent leur compréhension de ce qui constitue l'insécurité au-delà du fait d'être victimes de la violence physique".

"Il est important pour nous de noter qu'en effet, la faim, l'injustice, la pauvreté, la misère, tout ce qui défigure le visage d'un être humain créé à l'image et à la ressemblance de Jésus-Christ, sont autant de manifestations de la violence", observe Mgr Kukah. 

Il ajoute dans le message qu'il a prononcé à l'occasion du 120e anniversaire de la Journée du fondateur de l'Église africaine : "Notre combat pour une bonne société ne s'arrête donc pas tant qu'il y a des gens affamés et pauvres, tant qu'il y a des concitoyens qui vivent en dessous des normes de l'existence humaine. ”