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Aucun progrès n'a été réalisé pour endiguer la vague de violence au Cameroun : Archevêque catholique

La violence dans les régions anglophones du Cameroun se poursuit sans relâche, a déclaré l'archevêque catholique de l'archidiocèse de Bamenda, notant que les efforts pour rétablir la paix dans le pays d'Afrique centrale ont été interrompus jusqu'après Noël 2021.

Dans un rapport publié lundi 20 décembre par le service d'information de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, également appelé Propaganda Fides, Mgr Andrew Nkea Fuanya déclare que les gens essaient d'embrasser l'ambiance de Noël au milieu de la violence.

Mgr Nkea déclare, en référence à la violence qui sévit depuis cinq ans au Cameroun, "Il n'y a pas eu de progrès ces derniers temps. Maintenant, c'est une période pleine d'activités, à tous les niveaux, et nous espérons qu'après les vacances de Noël, nous pourrons reprendre le processus de rencontre et de dialogue."

Dans le rapport de l'Agenzia Fides, l'archevêque camerounais affirme que les attaques dans la région du Nord-Ouest du Cameroun ont augmenté en nombre et en intensité.

"La situation dans les régions anglophones est toujours très tendue. Selon les observateurs, les Amba Boys (les combattants indépendantistes) intensifient leurs attaques contre les militaires. Cela entraîne une réaction violente de l'armée, qui touche toutefois aussi la population civile", dit-il.

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Donnant l'exemple d'une attaque récente dans la région, Mgr Nkea déclare : " Récemment, des groupes armés ont posé une bombe près d'un centre militaire qui a détruit le bâtiment et tué quelques militaires et soldats. En réponse, ils ont mis le feu aux maisons autour de la zone, entraînant la mort de militaires et d'au moins deux civils, ainsi que la destruction complète de plusieurs maisons."

Selon le rapport de l'Agenzia Fides, les zones anglophones "continuent de représenter un foyer de grande tension au Cameroun alors que le processus de dialogue peine à avancer."

Les deux régions anglophones du Cameroun connaissent des violences après qu'une action de grève des avocats et des enseignants ait tourné à la violence.

La violence a entraîné le développement d'un mouvement séparatiste armé revendiquant l'indépendance de la soi-disant république d'Ambazonie.

Les anglophones représentent environ 20 % de la population du pays et se plaignent depuis longtemps d'être marginalisés par la classe dirigeante francophone.

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Faisant le point sur la situation dans la région assiégée, l'archevêque Nkea indique que les gens tentent de reprendre leur mode de vie normal, certaines entreprises et écoles ayant rouvert leurs portes malgré la persistance des violences.

"Il faut dire que, d'un point de vue social, la vie continue. Les gens ont appris à vivre avec cet état de fait absurde", déclare l'Ordinaire de Bamenda, et ajoute : "Les commerces, les bureaux, les transports continuent leurs activités. Même les écoles sont ouvertes, mais pas toutes, seulement dans les grands centres, disons que 60 % des établissements sont ouverts."

"En cette période, les villes sont pleines de décorations de Noël, les églises sont toujours pleines. Les gens sont fatigués, ils veulent retrouver une vie normale et avec ces manifestations, ils en profitent pour le montrer à tout le monde", explique l'archevêque catholique qui est à la tête de Bamenda depuis février 2020 suite à son transfert du diocèse camerounais de Mamfe.

Il affirme que l'Eglise au Cameroun, à travers l'intervention de Caritas et de la Commission Justice et Paix, prend des mesures pour soutenir les nouvelles personnes déplacées à l'intérieur du pays en raison des dernières attaques.

Exprimant sa confiance dans un Cameroun pacifique à l'avenir, Mgr Nkea déclare : "Nous espérons vraiment que Noël puisse éclairer les cœurs et que la nouvelle année apporte de bonnes nouvelles."

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