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Les évêques catholiques du Malawi demandent au gouvernement de protéger les fonctionnaires du Bureau anti-corruption

Les membres de la Conférence épiscopale du Malawi (ECM) ont demandé au gouvernement de ce pays d'Afrique australe de renforcer la sécurité du directeur général (DG) et de tous les employés du Bureau anticorruption (ACB).

Cet appel intervient après qu'un homme politique du Malawi a accusé les responsables de l'ACB de permettre à des agences étrangères de dicter ses opérations dans le cadre de la poursuite d'un homme d'affaires britannique.

Le 18 janvier, l'homme politique Bon Kalindo a donné à Martha Chizuma, DG de l'ACB, et à Thabo Chakaka Nyirenda, procureur général, une semaine pour fournir aux Malawites les détails de leur enquête conjointe avec la National Crime Agency (NCA) britannique sur Zuneth Sattar, accusé de corruption dans l'acquisition de terres.

L'homme politique malawite a ajouté qu'en enquêtant sur Sattar aux côtés de la NCA, l'ACB a fourni des informations sur la sécurité du Malawi à des ressortissants étrangers.

"Nous lançons un appel au chef de l'État, le Dr Lazarus McCarthy Chakwera, au vice-président, le Dr Saulos Klaus Chilima, à toutes les institutions publiques concernées et à leurs chefs pour qu'ils assurent la sécurité du personnel de l'ACB, en particulier celle du directeur général ", déclarent les évêques catholiques du Malawi dans un communiqué publié mercredi 19 janvier.

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Les membres de l'ECM ajoutent qu'aucun Malawite "ne doit être pressurisé, intimidé ou influencé par des menaces ou tout autre moyen dans l'accomplissement de son travail pour le bien du pays".

Les évêques catholiques demandent également aux Malawites de ne pas s'intéresser aux affaires sur lesquelles l'ACB enquête afin de construire un "Malawi plus juste et plus transparent".

"Qu'aucun suspect, quelle que soit sa puissance, sa richesse ou ses relations, ne soit protégé, à condition qu'il puisse avoir recours aux procédures légales des tribunaux", disent-ils.

Les dirigeants de l'Église catholique appellent également toutes les institutions publiques qui ont été créées pour le bien des citoyens du Malawi à "ne pas devenir elles-mêmes des agents des ténèbres en ne défendant pas et en ne promouvant pas le bien commun".

"Trop souvent, ces institutions et ces personnes ont trahi la confiance des citoyens et ont agi de manière à ancrer davantage la corruption systématique et à faire échouer la lutte contre celle-ci", déclarent les évêques catholiques du Malawi.

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Ils demandent également au pouvoir judiciaire, qui, selon eux, joue un rôle clé dans la lutte contre la corruption, de veiller à ce que "les affaires de corruption soient accélérées et que chacun soit traité de manière équitable et similaire devant la loi".

Selon les membres de l'ECM, en traitant tous les suspects sur un pied d'égalité, le public aura confiance dans le fait que le système judiciaire joue son rôle de manière constructive dans la lutte contre la corruption.

Les évêques catholiques exhortent en outre le pouvoir judiciaire à "éviter de rendre des jugements et des déclarations suspects qui ne semblent ni promouvoir la justice ni lutter contre la corruption". "

Ils affirment que "la perte de confiance du public dans les agents de l'État chargés de faire respecter la loi pour lutter contre la corruption alimente la justice populaire et constitue une recette pour le désordre civil."

Dans leur déclaration, qui a été signée par tous les évêques catholiques du Malawi, les membres de l'ECM appellent la communauté des donateurs à veiller à ce que l'ACB dispose de ressources suffisantes, compte tenu notamment de la lutte sans précédent contre la corruption.

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Les évêques catholiques ont également demandé à la Commission Justice et Paix de l'ECM et aux organisations de la société civile (OSC) "de lancer une campagne vigoureuse auprès du grand public pour aider à mettre fin à la pratique de la corruption et à accepter ce cancer destructeur comme faisant partie de la vie au Malawi."

Aux citoyens de cette nation enclavée d'Afrique australe, les évêques disent qu'ils doivent jouer leur rôle dans la lutte contre la corruption.

"L'un des moyens d'y parvenir est de cesser d'escroquer les politiciens en leur demandant sans cesse de l'argent lors des rassemblements politiques, des funérailles, des activités de collecte de fonds, des rassemblements religieux et de bien d'autres occasions", déclarent les évêques catholiques du Malawi.

Les membres de l'ECM encouragent en outre les hommes politiques du Malawi à "ne donner aux bonnes causes que ce qu'ils peuvent normalement se permettre et à ne pas subir la douleur inutile de donner d'une manière qui dépasse leurs moyens financiers ordinaires".