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Trouver des solutions aux défis de la migration et de la sécurité en Afrique "sur place" : Un archevêque

Mgr Benjamin Marc Balthason Ramaroson, archevêque de l'archidiocèse d'Antsiranana à Madagascar. Crédit : ACI Afrique Mgr Benjamin Marc Balthason Ramaroson, archevêque de l'archidiocèse d'Antsiranana à Madagascar. Crédit : ACI Afrique

L'archevêque de l'archidiocèse d'Antsiranana à Madagascar a mis au défi les dirigeants politiques en Afrique de chercher des solutions concrètes et réalisables aux défis de la migration et de la sécurité sur le continent à la base.

Dans une interview accordée vendredi 29 juillet à ACI Afrique en marge de la 19e Assemblée plénière du Symposium de la Conférence épiscopale d'Afrique et de Madagascar (SECAM), Mgr Benjamin Marc Balthason Ramaroson a déclaré que la création d'emplois et la réduction de la pauvreté sont des exemples de solutions aux défis de la migration et de la sécurité.

"La solution à la migration et à la sécurité en Afrique peut être trouvée sur place. C'est-à-dire, en faisant tout pour que les jeunes et ceux qui aspirent à partir puissent trouver ce qu'ils veulent sur place, ce qu'ils cherchent ailleurs comme le travail et le développement dépendent d'une bonne volonté politique", a déclaré Mgr Ramaroson.

Et d'ajouter : "Les dirigeants africains doivent avoir une politique qui va dans ce sens et qui doit être mise en place, une politique qui permet le développement intégral de la personne humaine."

"C'est dans ce sens que le SCEAM essaie de proposer qu'une solution soit trouvée sur place", a déclaré l'archevêque malgache à ACI Afrique.

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Réfléchissant sur le défi de la sécurité en Afrique, le membre de la Congrégation de la Mission (CM) a déclaré : "C'est la pauvreté qui pousse vraiment les gens à la violence."

La violence en Afrique, a déclaré Mgr Ramaroson, "peut provenir de situations politiques et religieuses ; mais je pense que c'est surtout une certaine structure qui essaie déjà de conduire cette violence."

Il a souligné "Tous les trafics qui ont lieu et qui conduisent à la violence, le trafic de drogue, le trafic de pierres précieuses" comme exemples de pratiques qui contribuent à l'insécurité en Afrique, et a ajouté : "Tous ces trafics provoquent des tensions et donc de l'insécurité."

L'archevêque a poursuivi : "Nous devons réussir à mettre en pratique la doctrine sociale de l'Église pour une civilisation de l'amour afin de lutter contre la structure du péché."

Mgr Ramaroson fait partie des délégués de l'assemblée plénière du SCEAM qui se déroule du 25 juillet au 1er août sous le thème "Appropriation du SCEAM : Sécurité et migration en Afrique et dans ses îles".

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Les délégués sont issus des huit associations régionales du symposium continental, qui comprennent l'Association des conférences épiscopales d'Afrique centrale (ACEAC), l'Association des conférences épiscopales membres d'Afrique de l'Est (AMECEA), l'Association des conférences épiscopales de la région d'Afrique centrale (ACERAC) et les Conférences épiscopales régionales d'Afrique de l'Ouest (RECOWA/CERAO).

D'autres associations régionales comprennent l'Assemblée de la Hiérarchie Catholique d'Egypte (AHCE), les Conférences Episcopales Régionales d'Afrique du Nord (CERNA), Madagascar et les Conférences Episcopales de l'Océan Indien (CEDOI), et la Réunion Inter-Régionale des Evêques d'Afrique Australe (IMBISA).

Dans l'entretien accordé le 29 juillet à ACI Afrique, Mgr Ramaroson a décrit la 19e assemblée plénière du SCEAM comme une "véritable expérience du synode sur la synodalité".

"Il y a une communion et il y a une collégialité. Nous nous écoutons davantage et nous essayons toujours d'aller de l'avant", a déclaré l'archevêque de 67 ans, avant d'ajouter : "C'est vraiment l'assemblée où nous avons étudié et analysé le thème de cette communion de l'Église Famille de Dieu et j'espère qu'il y aura des fruits dans ce sens."

Il a déclaré que le thème de l'Assemblée plénière du SCEAM est "non seulement d'actualité mais crucial pour l'Afrique."

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"En ce qui concerne l'urgence, l'Église fait déjà ce qu'elle peut ; mais c'est à l'issue de cette rencontre, qui est cruciale même pour l'avenir de l'humanité, que nous devrions trouver une solution", a-t-il dit en référence aux défis de la migration et de la sécurité en Afrique.

L'archevêque malgache qui est à la tête de l'archidiocèse d'Antsiranana depuis janvier 2014 a en outre déclaré : "L'Afrique a une population jeune et quand on est jeune, on a toujours de l'espoir."

"L'espoir est toujours une ouverture vers l'avenir et c'est ce que je pense devoir dire aux jeunes, et surtout, n'essayez pas d'abandonner l'espoir", a-t-il ajouté.

L'archevêque a mis en garde les jeunes d'Afrique contre le fait de proposer leur "avenir à quelque chose qui passe, mais à quelque chose qui reste et qui est stable et qui est le Christ ; il est le chemin et donc il ne vous trompera pas."

"Il (Jésus) va vous conduire à la vérité et à la vérité sur laquelle nous devons nous accrocher", a déclaré Mgr Ramaroson en s'adressant aux jeunes d'Afrique, ajoutant : "C'est cette vérité qui vous rendra libres, et donc qui vous aidera à avoir une vie sereine."