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Les évêques catholiques du Tchad dénoncent la violence et appellent à un "véritable dialogue national inclusif"

Les membres de la Conférence épiscopale du Tchad (CET). Crédit : CET Les membres de la Conférence épiscopale du Tchad (CET). Crédit : CET

Les évêques catholiques du Tchad ont dénoncé la "violence endémique" dans ce pays d'Afrique centrale et du Nord et ont exhorté les autorités à appeler à un "véritable dialogue national inclusif".

S'exprimant au début de la deuxième assemblée plénière des membres de la Conférence épiscopale du Tchad (CET) le 26 novembre, le président de la CET a exhorté ses frères évêques à continuer à être la voix des sans-voix dans le pays.

" Cette deuxième session de la plénière de notre Conférence épiscopale pour 2022 se déroule dans un contexte difficile, avec des situations préoccupantes dans notre pays ", a déclaré Mgr Goetbé Edmond Djitangar.

Mgr Djitangar a ajouté : "Depuis notre dernière grande session de 2021, nous nous préparons activement avec les fidèles au grand rendez-vous du Dialogue national, qui n'a malheureusement pas tenu ses promesses."

"Au début de cette Assemblée plénière, je voudrais une fois de plus, au nom de notre Église-Famille de Dieu, exprimer notre compassion pour toutes les familles qui ont été gravement touchées par les récentes violences", a-t-il déclaré.

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Le président du CET a poursuivi : "Nous ne pouvons que dénoncer le risque de s'installer dans cet état de violence endémique si rien n'est fait pour engager un véritable dialogue national inclusif."

La tension est vive au Tchad suite à la prolongation du mandat du président du Conseil de transition, Mahamat Idriss Déby.

En avril 2021, le président Idriss Déby Itno, qui était à la tête du pays depuis 1990, est décédé après avoir succombé à des blessures qui seraient dues à une bataille avec le Front pour le changement et la concorde au Tchad (FACT), un groupe rebelle de l'armée dissidente dans le nord du pays.

Après sa mort, un conseil de transition composé d'officiers militaires et dirigé par le fils de Deby, Mahamat, en tant que président par intérim, a commencé à superviser la période de transition du Tchad pour les 18 mois à venir.

Le 8 octobre, le chef militaire tchadien, Mahamat, a été nommé président de la transition à la suite des délibérations du Dialogue national inclusif (DNI) du pays, rapporte RFI.

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Il a prêté serment le 10 octobre en tant que président d'une période de transition de deux ans avant la tenue d'élections "démocratiques", une décision qui a déclenché les manifestations du 20 octobre.

Ce jour-là (20 octobre), les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants qui réclamaient une "transition plus rapide vers un régime démocratique" dans plusieurs villes du Tchad, dont N'Djamena, la capitale, tuant au moins 50 personnes et en blessant des dizaines d'autres, selon Reuters.

Dans une lettre adressée au président du Conseil de transition du Tchad, Mgr Djitangar a exprimé sa colère et son indignation face à la répression des manifestants pacifiques.

S'exprimant lors de l'assemblée plénière du CET du 26 novembre, Mgr Djitangar a déclaré : "En tant que pasteurs, nous ne pouvons pas faire la sourde oreille aux cris de ceux qui souffrent et, de plus, nous avons le devoir de relayer leurs voix auprès de ceux qui ont la responsabilité d'assurer leur sécurité et leur bien-être physique et social."

L'archevêque tchadien a ensuite souligné l'importance de la paix dans le pays, en déclarant : "Appeler à la paix comme on nous le demande souvent est une dimension de notre mission ; mais la paix est une œuvre commune que Dieu bénit toujours."

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Pour parvenir à la paix, le président de la CET a déclaré que les évêques catholiques "sont toujours disponibles pour collaborer avec toutes les personnes de bonne volonté et faire des propositions concrètes parce que l'avenir de ce peuple est notre responsabilité spirituelle."

"C'est pourquoi, au-delà des épreuves que nous traversons, notre espérance reste intacte", a-t-il ajouté.

L'archevêque catholique de 70 ans a imploré : "Nous continuons à prier pour que les attentes exprimées dans les belles paroles de notre hymne national se réalisent."

"Nous continuons à demander à Dieu de remplir les cœurs de tous les Tchadiens d'amour et de respect les uns pour les autres", a-t-il encore imploré, avant d'ajouter : "Que nos réflexions de ces jours-ci aboutissent à des actions concrètes pour le bien de tous. Que le Seigneur nous bénisse et bénisse notre église et notre pays."

Le 20 novembre, les membres de la CET ont appelé à célébrer la Sainte Eucharistie dans toutes les paroisses du Tchad et à tendre la main à ceux qui ont souffert des violents conflits dans le pays lors d'une journée de prière qui devait se tenir le lundi 28 novembre.