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Quatre sujets de préoccupation que les évêques catholiques de la province du Congo souhaitent voir abordés pour la paix

Les membres de l'Assemblée provinciale épiscopale de Bukavu (ASSEPB). Les membres de l'Assemblée provinciale épiscopale de Bukavu (ASSEPB).

Les évêques catholiques de la province ecclésiastique de Bukavu en République démocratique du Congo (RDC) ont, à l'issue de leur assemblée ordinaire, mis en exergue quatre défis auxquels le peuple de Dieu de leur province est confronté et qu'ils souhaitent voir relever pour que la paix règne.

Dans leur déclaration collective publiée mardi 30 mai, les membres de l'Assemblée épiscopale provinciale de Bukavu (ASSEPB) soulignent l'insécurité dans leur province, les défis liés à l'organisation des élections générales de décembre, les difficultés économiques et la solidarité avec les victimes des inondations comme autant de questions qu'ils souhaitent voir abordées.

En ce qui concerne l'insécurité dans la partie orientale de la RDC, les évêques catholiques sont préoccupés par le fait que "la situation d'insécurité dramatique persiste" dans le diocèse catholique de Butembo-Beni au Nord-Kivu.

"Dans le diocèse de Goma, la même situation d'insécurité ne fait que s'aggraver, malgré l'état d'urgence en vigueur depuis mai 2021, et la quarantaine de prorogations qui n'ont jamais fait leurs preuves", indiquent les membres de l'ASSEPB.

Ils ajoutent : "La même situation d'insécurité provoque des déplacements massifs de populations dans des camps de fortune. Il en résulte une crise humanitaire sans précédent : famine, maladie, mort".

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Face à ces inquiétudes, les responsables de l'Eglise catholique appellent le Président Félix Antoine Tshisekedi à "tout mettre en œuvre pour libérer les territoires occupés par les rebelles du M23, et résoudre la question des armées étrangères, en sa qualité de garant de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale".

En ce qui concerne les élections générales prévues pour le 23 décembre, les membres de l'ASSEPB soulignent les lacunes dans l'exercice d'inscription des électeurs, y compris le fait que "le matériel utilisé pour mener à bien cette importante activité a montré ses limites".

Ils déplorent également "la qualité des cartes d'électeurs produites, l'inadéquation et la qualité des machines, la lenteur des agents, (et) la fermeture de l'enrôlement avant que tous les électeurs ne soient inscrits".

"Tous ces éléments n'augurent pas d'une issue heureuse du processus électoral, sans parler du fait que l'opération d'enrôlement des électeurs n'a pas eu lieu dans les territoires de Rutshuru et d'une partie de Masisi sous l'occupation du M23", déplorent encore les responsables de l'Église catholique.

Pour aller de l'avant, les membres de l'ASSEPB exhortent le gouvernement à "permettre au processus électoral libre, inclusif et transparent en cours dans notre pays de se dérouler sans heurts".

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"Cela suppose la libre expression des diverses opinions de tous les acteurs politiques, quelle que soit leur tendance", ajoutent-ils.

Les évêques catholiques de la province ecclésiastique de Bukavu expriment également leurs préoccupations concernant les difficultés économiques de la nation centrafricaine, déclarant : "La misère a élu domicile partout dans un pays potentiellement très riche et vanté à l'étranger comme un pays de solution, mais avec un peuple vraiment misérable."

"Les infrastructures routières sont délabrées, impraticables dans de nombreux cas, ce qui condamne nos provinces à l'isolement, à l'insécurité et à l'appauvrissement, au point que même les chefs-lieux de nos diocèses ne sont plus reliés par la route", déplorent-ils.

Ils appellent les responsables gouvernementaux concernés à "se rappeler que la politique reste un service rendu à la nation et surtout au peuple qui les a mandatés".

"L'intérêt et le bien-être du peuple doivent primer", ajoutent les évêques catholiques.

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En ce qui concerne la solidarité avec les victimes des inondations et glissements de terrain meurtriers qui ont causé la mort de centaines de personnes dans la province du Sud-Kivu, les membres de l'ASSEPB "apprécient les mesures rapides prises par le gouvernement provincial du Sud-Kivu, le gouvernement central, les organisations humanitaires et les personnes de bonne volonté pour alléger les souffrances des personnes touchées".

"Nous restons convaincus que si les services gouvernementaux en charge de la gestion foncière et environnementale avaient fait leur travail correctement, des vies humaines auraient certainement été épargnées et des catastrophes similaires évitées", affirment-ils.

Les membres de l'ASSEPB appellent le peuple congolais à ne céder "à aucune forme de violence et de division mais à rester uni et à vivre pacifiquement afin de faire échec à toute tentative de balkanisation de notre pays".

"Le Congo n'est pas à vendre, il est un et indivisible, patrimoine commun du peuple congolais depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale", ajoutent les évêques catholiques dans leur déclaration du 30 mai.