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Éthiopie : Un évêque catholique demande au gouvernement de s'attaquer à la violence en Oromo qui dure depuis des décennies

Mgr Varghese Thottamkara. Crédit : AED Mgr Varghese Thottamkara. Crédit : AED

Mgr Varghese Thottamkara a appelé le gouvernement éthiopien et les membres de la communauté locale à rechercher des solutions à la violence ethnique qui sévit depuis des décennies dans la région d'Oromia, dans la Corne de l'Afrique.

Dans un rapport publié par la fondation catholique pontificale et caritative Aide à l'Église en détresse (AED), l'ancien vicaire apostolique du vicariat de Nekemte explique que le conflit qui oppose depuis des décennies l'Armée de libération oromo (OLA), d'une part, et les forces de sécurité des gouvernements fédéral et régional d'Oromia, d'autre part, a entraîné des pertes en vies humaines et a eu un impact négatif sur le christianisme.

"Les gens sont fatigués de souffrir. Ils ont besoin d'une solution et nous espérons que ces négociations aboutiront à quelque chose. Le gouvernement et les tribus doivent penser au bien de la population", a déclaré Mgr Thottamkara dans le rapport du mercredi 14 juin.

L'évêque catholique, qui a été transféré au diocèse indien de Balasore le 10 mai, estime que le gouvernement éthiopien ne doit pas se contenter de demander aux membres de l'OLA de déposer les armes.

Le gouvernement doit dire autre chose aux rebelles que "déposez les armes". Ces personnes doivent être réintégrées dans la police et l'armée. Ils doivent être intégrés dans la société", déclare ce membre de la Congrégation de la Mission (CM), né en Inde.

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Le conflit dans la région d'Oromia remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque l'Oromia a été conquise et absorbée par l'empire de Ménélik II.

Du 25 avril au 3 mai, le gouvernement éthiopien et les dirigeants de l'OLA ont tenu des pourparlers à Zanzibar, en Tanzanie, pour tenter de mettre fin au conflit.

Le gouvernement éthiopien a indiqué que les pourparlers, sous la médiation de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), avaient été "largement constructifs", même si les parties n'étaient pas d'accord sur certains points.

Dans le rapport de l'AED du 14 juin, l'évêque Thottamkara déclare : "L'enjeu n'est pas seulement la violence armée, mais aussi la menace constante d'enlèvements et les couvre-feux imposés dans la ville de Nekemte et ailleurs".

"Tout cela provoque des souffrances au sein des populations et a également un impact sur la vie de la communauté chrétienne elle-même", déclare l'évêque catholique, qui ajoute qu'environ 20 % des églises du vicariat ont été contraintes de fermer pour des raisons de sécurité.

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Il déplore : "Il est très douloureux de savoir que notre peuple, qui traverse tant de problèmes, ne peut pas recevoir les sacrements".

En l'absence de prêtres, Mgr Thottamkara déclare que les fidèles "dépendent du travail et du dévouement des catéchistes".