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Les évêques du Kenya veulent l’engagement des chrétiens dans la campagne contre le projet de loi sur la santé reproductive.

Mgr Maurice Muhatia Makumba lors de la messe télévisée à la Basilique de la Sainte Famille, à Nairobi, le dimanche 5 juillet. Kenya Broadcasting Corporation/ Twitter Mgr Maurice Muhatia Makumba lors de la messe télévisée à la Basilique de la Sainte Famille, à Nairobi, le dimanche 5 juillet.
Kenya Broadcasting Corporation/ Twitter

Les évêques catholiques du Kenya ont, dans leur campagne en cours contre le projet de loi 2019 esur la santé reproductivr, tendu la main aux "chrétiens et aux personnes de bonne volonté" de la nation est-africaine, les exhortant à s'engager dans la campagne comme une manifestation de leur identité religieuse et culturelle "en tant que Kenyans".

Le profil démographique du Kenya pour 2019 indique que 83 % des 48,3 millions d'habitants du pays sont chrétiens. 

"Nous appelons tous les chrétiens et les personnes de bonne volonté à se lever et à défendre l'unité familiale, la dignité de nos enfants, les valeurs religieuses et culturelles positives de notre peuple et notre identité en tant que Kenyans", déclarent les membres de la Conférence des évêques catholiques du Kenya (KCCB) dans un message collectif lu à la fin de la messe télévisée, le dimanche 5 juillet.

Les évêques exhortent les chrétiens à "redécouvrir la valeur de la famille en tant qu'Eglise domestique" où "les valeurs sociales, les vertus et la morale pour nos enfants et nos jeunes sont enseignées, encouragées et soutenues".

"C'est la seule façon de faire face aux maux sociaux et moraux qui affectent notre société aujourd'hui", disent les prélats en faisant référence à la famille en tant qu'Église domestique et ajoutent : "C'est pourquoi nous appelons les parents et les personnes qui s'occupent des enfants à renforcer d'abord leur relation avec Dieu et à s'efforcer d'être des compagnons exemplaires pour leurs enfants".

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Le projet de loi sur la santé reprocuctive n° 23 de 2019, qui est actuellement examiné par le Sénat kenyan, préconise un "avortement sûr légal et accessible", des services de "planification familiale" adaptés aux adolescents, la maternité de substitution, les bébés-éprouvettes ainsi qu'une éducation sexuelle complète (CSE).

Dans leur déclaration collective du 23 juin adressée aux députés catholiques et à tous les législateurs de bonne volonté, les évêques du Kenya ont expliqué qu'ils sont opposés au projet de loi parce qu'il est contraire à l'enseignement de l'Évangile, à la Constitution, au droit à la vie et à la protection des enfants et de la famille, des questions qu'ils ont réitérées dans leur déclaration du 5 juillet.

Les questions que les évêques ont mises en évidence dans leurs récentes déclarations ont occupé une place importante lors de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD25) qui s'est tenue à Nairobi en novembre dernier. 

D'autres chefs religieux ont également contesté le projet de loi, les pasteurs évangéliques demandant au Sénat de le mettre en veilleuse afin de permettre davantage de consultations et les religieux musulmans déclarant que le projet de loi est susceptible d'abus en raison de sa disposition générale sur les droits à la santé sexuelle et reproductive pour "tout le monde".

Dans leur déclaration collective du 5 juillet lue par Mgr Maurice Muhatia du diocèse de Nakuru au Kenya, qui a présidé la messe télévisée à la basilique de la Sainte Famille à Nairobi, les évêques catholiques du Kenya expriment leur reconnaissance aux personnes et aux institutions kenyanes qui se font les champions des questions relatives au caractère sacré de la vie, à la défense de la famille et à la protection des enfants.

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"Nous apprécions que le Sénat ait exprimé son ouverture à engager l'Eglise sur cette question", déclarent les dirigeants de l'Eglise catholique au Kenya.

Ils ajoutent : "Dans notre engagement avec le Sénat, nous chercherons à défendre le droit à la vie, la dignité des enfants et la famille en tant qu'unité inséparable".

Dans le but d'engager "toutes les parties prenantes" dans le processus de recherche d'une issue à la controverse, les évêques expriment leur intention de "plaider pour la responsabilité du ministère de l'éducation, par le biais de l'Institut kenyan de développement des programmes scolaires (KICD), de fournir aux apprenants une éducation sexuelle humaine adaptée à l'âge et fondée sur des valeurs". 

Comme alternative au "projet de loi sur la santé reproductive n° 23 de 2019" qui justifie l'interruption des "grossesses non désirées", les prélats catholiques du Kenya ont proposé une approche proactive qui se concentre sur la manière d'empêcher les grossesses de se produire par "des moyens positifs tels que des programmes de mentorat et de changement de comportement, des programmes de compétences de vie et de sexualité humaine".