En Côte d’Ivoire, l’Association des cadres catholiques expriment leur solidarité avec le cardinal Kutwa

La direction de l'Association des cadres catholiques de Côte d'Ivoire (ACC-CI) lors de la conférence de presse du 14 septembre à Abidjan, Côte d'Ivoire.
Credit: Domain Public

Les membres de l'Association des cadres catholiques de Côte d'Ivoire (ACC-CI) ont, dans une déclaration collective, exprimé leur solidarité avec le cardinal Jean-Pierre Kutwa qui a été attaqué par une partie des politiciens catholiques du parti au pouvoir. 

Les critiques à l'encontre du cardinal Kutwa ont été déclenchées par ses opinions sur les prochaines élections générales. Le 31 août, le cardinal avait qualifié la candidature du président Alassane Ouattara pour un troisième mandat de "non nécessaire" et a appelé à la réconciliation, au respect de l'État de droit et au dialogue alors que le pays se prépare à l'élection présidentielle prévue pour le 31 octobre.

Dans une déclaration lue aux membres de la presse à la paroisse Saint-Jacques des deux plateaux de l’archidiocèse d'Abidjan dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, les membres de l'ACC-CI expriment leur "soutien" au Cardinal ainsi qu'à l'ensemble des évêques catholiques de la nation ouest africaine.

"L'Association des cadres catholiques de Côte d'Ivoire, adresse une motion de soutien au Cardinal et souscrit pleinement à toutes les déclarations, messages et lettres pastorales des évêques catholiques de Côte d'Ivoire, pris individuellement ainsi que ceux pris au nom de leur Conférence”, déclarent les membres de l'ACC-CI dans leur déclaration collective du lundi 14 septembre. 

Dans la déclaration lue par le président de l'ACC-CI, Loba Martin, ils ajoutent : "Nous, cadres catholiques de Côte d'Ivoire, sommes en accord avec le cardinal lorsqu'il dit : En vérité, la réconciliation est plus importante que les élections... Réconcilions-nous les uns avec les autres !"

Exprimant ses préoccupations concernant la candidature du président Ouattara aux élections d'octobre, le cardinal Kutwa avait déclaré : "À l'approche des élections présidentielles, nous avons observé avec consternation l'aggravation du conflit d'idées dans les deux camps. Ces idées contradictoires se sont accentuées depuis la déclaration de la candidature du Président de la République le 6 août 2020".

Le cardinal avait ensuite exhorté les hommes politiques et leurs partisans à rechercher la voie du dialogue en disant : "J'en appelle solennellement à la conscience individuelle et collective pour mettre fin à la violence et faire place au dialogue. Je voudrais inviter chacun à aller au dialogue et à la concertation, dans la recherche de solutions à cette crise, qui n'augure pas d'un avenir meilleur en termes d'organisation pacifique des élections".

Le 2 septembre, cinq ministres et secrétaires d’État ont organisé une conférence de presse à la cathédrale Saint-Paul d'Abidjan au cours de laquelle ils ont critiqué le cardinal Kutwa.

"Nous avons pris connaissance d'une déclaration du cardinal Jean-Pierre Kutwa qui a décidé de s'exprimer à titre personnel sur l'évolution de la situation socio-politique. Le discours de Son Eminence ne va pas dans le sens d'un apaisement du climat socio-politique”, a déclaré le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani lors du point de presse du 2 septembre. 

Dans leur déclaration du 14 septembre obtenue par ACI Afrique, les membres de l'ACC-CI disent qu'ils "ont du mal à comprendre l'approche de compréhension des ministres et toutes leurs remarques, surtout quand leur chef M. Kobenan Kouassi Adjoumani souligne qu'il n'est pas juste de dire que la réconciliation est plus importante que les élections". 

"Face aux défis auxquels notre beau pays est confronté à l'approche des élections présidentielles d'octobre 2020, Son Eminence Jean-Pierre Cardinal Kutwa, en bon père, pasteur et pasteur bienveillant, et après un moment d'observation, de réflexion et de prières, rappelle à chacun l'urgence d'une introspection personnelle et collective”, ajoutent les cadres catholiques.  

Faisant référence à la Constitution dogmatique de l'Église, Lumen Gentium, ils ajoutent : "Une société constituée et organisée en ce monde doit se préoccuper des souffrances de l'humanité et précisément des peuples qui la composent. C'est pour cette raison qu'elle se posera véritablement comme "le sacrement universel du salut".

"C'est donc fort de cette vocation missionnaire que l'Eglise catholique de Côte d'Ivoire, à travers les Déclarations, les Lettres Pastorales et les Discours de la Conférence de ses Evêques et de son Clergé, a toujours interpellé les acteurs politiques nationaux et internationaux à des moments cruciaux de la vie de notre pays, afin d'éviter toute dérive pouvant avoir des conséquences néfastes et imprévisibles”, ajoutent les membres de l'ACC-CI dans leur déclaration collective. 


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P. Don Bosco Onyalla
Rédacteur en chef, ACI Afrique
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