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Plus de 40 paroissiens de Pretoria menacés d’excommunication après des protestations

Mgr Dabula Mpako, de l’Archidiocèse catholique de Pretoria en Afrique du Sud, a publié un décret canonique exigeant qu’un groupe de paroissiens ayant incité à une série de manifestations à la Cathédrale du Sacré-Cœur suive un « processus de réhabilitation », sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à l’excommunication.

Dans le décret diffusé le dimanche 11 janvier, Mgr Mpako revient sur des événements survenus en décembre 2025, au cours desquels certains paroissiens de la Cathédrale du Sacré-Cœur ont organisé des manifestations, incité d’autres fidèles à y participer et perturbé la célébration de la Sainte Messe pour protester contre une décision pastorale prise concernant « un curé » de l’Archidiocèse.

Les actions des 7 et 28 décembre, rapporte Mgr Mpako, ont « gravement porté atteinte à la communion ecclésiale, à la bonne réputation de l’Église », ainsi qu’à la liberté de l’Archevêque dans l’exercice légitime de sa charge pastorale.

Il précise que les sanctions prévues incluent l’excommunication, laquelle est « réservée à ceux qui, après avertissement formel, persistent dans un comportement schismatique en incitant à la révolte contre l’autorité légitime de l’Évêque ».

Le dimanche 7 décembre 2025, un groupe d’environ 42 paroissiens se serait illégalement rassemblé devant la Cathédrale et aurait organisé une manifestation publique « dénonçant l’Évêque diocésain pour une décision pastorale légitime concernant le curé ».

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Le groupe aurait formulé publiquement des accusations fausses et diffamatoires sur les raisons de cette décision, avant d’inciter à l’opposition, à la résistance et à l’hostilité contre l’Ordinaire du lieu.

Selon Mgr Mpako, ces manifestants ont provoqué un scandale public et troublé l’ordre ecclésial.

Il relate qu’avant l’événement du 7 décembre, le même groupe avait « instrumentalisé » la célébration de la Sainte Messe en menant des actions de protestation coordonnées durant la liturgie sacrée, violant gravement la sainteté du culte divin et le respect dû à la célébration eucharistique.

Par la suite, ces personnes auraient diffusé des photos et des vidéos de la manifestation sur les réseaux sociaux, propageant davantage de fausses accusations et aggravant le scandale parmi les fidèles.

Elles auraient ensuite rédigé et envoyé des lettres d’appel à certaines autorités ecclésiastiques, fondées sur les mêmes accusations fausses et diffamatoires concernant la décision de Mgr Mpako.

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Le groupe aurait également incité d’autres paroissiens à apposer leurs signatures numériques à ces accusations.

Le 28 décembre 2025, un nombre plus restreint des mêmes individus aurait de nouveau organisé une manifestation à l’issue de la célébration de l’Année jubilaire de Pretoria, répétant des comportements similaires.

Mgr Mpako indique que ces actions ont gravement porté atteinte au respect dû au culte sacré.

Il affirme que, par leur conduite, les paroissiens ont enfreint onze lois canoniques, notamment celles relatives à l’obligation de préserver la communion avec l’Église dans les actes.

Ils ont également violé les dispositions concernant l’expression illégitime et nuisible d’opinions contraires au respect dû aux pasteurs et au bien commun de l’Église.

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Leurs actes relèvent aussi de la norme canonique selon laquelle :
« Celui qui, lors d’une manifestation publique ou par des discours, des écrits publiés ou d’autres moyens de communication sociale, porte gravement atteinte aux bonnes mœurs, profère des injures ou excite la haine ou le mépris contre la religion ou l’Église, doit être puni d’une peine juste. »

Parmi les sanctions canoniques encourues en raison du caractère « public, répété et scandaleux » de ces actes, Mgr Mpako mentionne l’interdit, qui peut priver les manifestants de la réception des sacrements et sacramentaux, ainsi que de la participation aux actions liturgiques comme ministres.

Il évoque également des remèdes pénaux et pénitences, notamment la réprimande publique, le retrait de l’autorisation d’exercer une fonction ecclésiastique, ou l’imposition d’œuvres pieuses ou caritatives.

D’autres sanctions possibles incluent la suspension de charges ecclésiastiques, l’excommunication, ainsi que des peines justes pour sacrilège en raison de l’utilisation sacrilège de la Messe.

Toutefois, Mgr Mpako propose un processus correctif et réhabilitatif, affirmant souhaiter la conversion, la réconciliation et la restauration pastorale des personnes concernées.

Ce processus comprend une rétractation publique et des excuses, exigeant que les responsables retirent publiquement les accusations fausses, suppriment les contenus scandaleux des réseaux sociaux et présentent des excuses « selon les modalités déterminées par l’autorité diocésaine ».

Il recommande également que, pendant une période déterminée, les participants aux manifestations soient écartés des ministères liturgiques, des fonctions de direction et des rôles ecclésiaux publics, et qu’ils s’abstiennent d’organiser ou de participer à des manifestations publiques liées à la gouvernance ecclésiale.

Mgr Mpako ordonne en outre la participation obligatoire à des sessions de formation sur l’ecclésiologie, la théologie de l’autorité épiscopale, la nature de l’obéissance et de la communion, ainsi que le caractère sacré de la liturgie.

Concernant la réhabilitation spirituelle, il précise que les manifestants devront s’engager dans une direction spirituelle, des actes de pénitence et des prières pour l’unité ecclésiale, selon les prescriptions établies.

Il souligne que ce processus est obligatoire, ajoutant :
« Si l’une de ces étapes est refusée ou négligée, l’Ordinaire procédera à l’imposition des sanctions canoniques appropriées. »

Il conclut :
« Le présent décret entre en vigueur immédiatement après notification et doit être communiqué aux personnes concernées de la manière la plus appropriée. »

Agnes Aineah