Une Église locale jeune mais en pleine expansion structurelle
Bien que le catholicisme ait des racines historiques profondes en Guinée équatoriale, la hiérarchie ecclésiale locale est relativement jeune et continue d’évoluer.
Le pays compte actuellement un siège métropolitain, l’archidiocèse catholique de Malabo, avec des diocèses suffragants comprenant Bata, Ebebiyin, Mongomo, Evinayong et Annobón. Deux de ces diocèses — Mongomo et Evinayong — ont été érigés en 2017, témoignant d’une croissance pastorale soutenue.
La direction de l’Église est désormais largement autochtone, marquant un passage de l’administration missionnaire à une responsabilité ecclésiale locale. Cette maturation constitue un élément clé du contexte de la visite du pape Léon XIV, qui peut être interprétée comme une reconnaissance d’une Église arrivée à maturité.
Un solide héritage missionnaire qui continue de façonner la vie ecclésiale
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Utilisez le formulaire ci-dessous pour nous indiquer où nous pouvons envoyer les dernières actualités d'ACI Afrique.
Les congrégations religieuses jouent toujours un rôle déterminant dans la vie catholique de la Guinée équatoriale. Les Clarétains, en particulier, demeurent très présents dans la pastorale paroissiale, l’éducation et la formation du clergé, aux côtés d’autres instituts missionnaires et de congrégations féminines.
Selon l’Agence Fides, l’Église en Guinée équatoriale a puisé sa force dans son passé missionnaire, même après des périodes difficiles. Revenant sur cette histoire, Mgr Juan Domingo-Beka Esono Ayang a noté que l’Église est entrée dans « une période de nouvelles dynamiques », après avoir surmonté des défis antérieurs.
Cette présence missionnaire durable a contribué à soutenir les vocations, la catéchèse et l’action sociale, en particulier dans les communautés rurales et insulaires.
Plus de quatre décennies depuis la dernière visite papale
La visite du pape Léon XIV sera la deuxième visite papale dans l’histoire du pays. La première a eu lieu le 18 février 1982, lorsque saint Jean-Paul II s’est rendu en Guinée équatoriale.
Lors de cette visite, le défunt pontife avait célébré la messe à Bata et encouragé les catholiques à demeurer « fidèles au Christ et à l’Église », des paroles qui, selon les responsables ecclésiaux, continuent de résonner des décennies plus tard.
Pour de nombreux Équato-Guinéens — en particulier ceux nés après 1982 — la prochaine visite marquera leur première rencontre avec un pape en exercice.
Des relations Église–État étroites mais contextuelles
Les relations entre la Guinée équatoriale et le Saint-Siège sont restées constamment cordiales. Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a rencontré plusieurs papes successifs et a exprimé à plusieurs reprises le souhait du gouvernement d’accueillir une visite papale.
À la suite de l’élection du pape Léon XIV, Vatican News a rapporté que le président s’était rendu au Vatican, où les discussions ont porté sur les relations bilatérales et le rôle de l’Église dans la société.
Dans le même temps, l’Église opère dans un contexte social plus large marqué par la longévité politique, la richesse issue du pétrole et des inégalités persistantes — des réalités qui façonnent les attentes locales quant au message papal.
Une étape symbolique sur un itinéraire africain linguistique et culturel
La confirmation de la visite papale en Guinée équatoriale fait suite à l’annonce de l’Angola, plaçant l’Afrique hispanophone et lusophone au premier plan du premier voyage africain du pape Léon XIV.
En Angola, les responsables ecclésiaux ont lié la visite attendue à d’importantes étapes nationales et ecclésiales, tandis que le nonce apostolique a confirmé que l’invitation avait été acceptée.
Ensemble, ces destinations reflètent l’accent mis par le pape sur l’universalité de l’Église à travers les langues et les cultures — espagnole, portugaise et, potentiellement, française, anglaise ou arabe lors de futures étapes africaines.