Zambie : Les jésuites encouragent l'allègement de la dette après le rejet de l'appel à la suspension du remboursement de la dette

Drapeau de la Zambie
Credit: Domaine public

Après que les créanciers extérieurs de la Zambie ont rejeté l'appel du gouvernement à la suspension des remboursements des euro-obligations pendant six mois, la direction du Centre jésuite de réflexion théologique (JCTR) a encouragé la pression en faveur de l'allégement de la dette. 

"Le JCTR appelle toutes les parties concernées (locales, nationales, régionales et internationales) à se donner la main et à faire preuve de solidarité pour faire avancer la noble cause visant à persuader les créanciers de la Zambie d'envisager toute forme d'allégement de la dette du peuple zambien", déclarent les responsables du JCTR dans leur déclaration du dimanche 15 novembre. 

Dans le message signé par le directeur exécutif du JCTR, le père Alex Muyebe, la direction de l'institution de recherche basée en Afrique australe explique que "la Zambie a besoin d'espace pour faire face à son endettement d'une manière qui ne porte pas atteinte à la dignité de la vie de millions de Zambiens".

Le 22 septembre 2020, le gouvernement zambien a demandéle report du paiement des intérêts des euro-obligations de la dette de 3 milliards de dollars américains pour six mois, jusqu'en avril 2021, pendant que les autorités compétentes travaillent sur une stratégie de restructuration de la dette.   

Le délai de grâce de six mois devait couvrir trois paiements de coupons dont les dates d'échéance sont le 14 octobre 2020, le 30 janvier 2021 et le 20 mars 2021.

Le vendredi 13 novembre, les dirigeants du ministère des finances de Zambie ont tenu une réunion avec les membres du comité des détenteurs d'obligations externes du pays pour discuter de la possibilité de reporter le paiement. 

Cependant, les prêteurs ont rejeté la demande, une décision qui a coïncidé avec l'expiration du délai de grâce de 30 jours accordé à la Zambie après que la nation d'Afrique australe ait manqué de payer son coupon de 42,5 millions de dollars US, qui était dû le 14 octobre. 

Suite à la décision de refuser à la Zambie l'appel d'un report de remboursement, un défaut de paiement de la dette souveraine a été déclenché. 

Dans leur message du 15 novembre, les responsables du JCTR expliquent que l'absence d'allègement de la dette des détenteurs d'obligations oblige le gouvernement dirigé par Edgar Lungu à "prendre de sérieuses mesures d'austérité budgétaire, monétaire et économique, qui affecteront gravement le secteur social".

"La situation va encore s'aggraver en cas de défaillance d'un État souverain, car le pays va être mis sur une liste noire, ce qui l'obligera à faire face à des taux d'intérêt plus élevés et à une notation de crédit plus faible, ce qui rendra difficile l'emprunt et l'attraction des investissements dont le pays a cruellement besoin pour faire croître son économie afin de lutter contre la pauvreté et les inégalités", expliquent-ils.

Considérant l'état actuel de la dette comme une réelle menace existentielle pour la fourniture du service public, les dirigeants du JCTR appellent le gouvernement zambien à "entreprendre une réflexion honnête et dure sur la manière dont et les raisons pour lesquelles ce pays s'est retrouvé dans un état qui met en danger la vie de ses citoyens".

"Les dirigeants zambiens doivent présenter à la nation et au monde entier un plan qui illustrera de manière pratique les pratiques transformatrices et démocratiques visant à remédier aux insuffisances qui prévalent dans les processus de prêt et de contraction de la dette du pays et dans la gestion des finances publiques", disent-ils.

La direction de l'institution jésuite poursuit en exhortant les responsables gouvernementaux concernés à "démontrer que la Zambie ne tombera plus jamais dans un endettement aussi périlleux".

Les responsables de l'institut de recherche jésuite appellent également les citoyens de la nation sud-africaine à "s'intéresser de près à cette évolution et à la suivre". 

Ils encouragent les Zambiens à "demander des comptes et à s'impliquer dans l'élaboration d'une feuille de route sur la manière dont notre pays va se sortir de cette crise de la dette non désirée et dangereuse qui pourrait être un handicap à transmettre aux générations futures".

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P. Don Bosco Onyalla
Rédacteur en chef, ACI Afrique
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