Secrétariat à l'éducation catholique au Sénégal : Défis, perceptions, opportunités

Frère Charles Biagui avec des élèves du Cours Sainte Marie de Hann à Dakar, Sénégal.
Credit: Domaine public

Alors que l'Église dans la nation ouest-africaine du Sénégal se prépare à inaugurer officiellement le nouveau siège de l'Office national de l'enseignement catholique du Sénégal (Onecs) en janvier 2020, le Secrétaire à l'enseignement catholique du pays, le Frère Charles Biagui, a exposé certains des défis, des perceptions et des opportunités autour de l'enseignement catholique et a appelé l'État à soutenir la mission de l'Église d'évangéliser par l'éducation. 

« Les défis sont nombreux et entravent le développement de l'Office national de l'enseignement catholique au Sénégal. Par exemple, nous avons l'impossibilité d'appliquer la vérité sur les prix en matière de scolarisation, à cause de la pauvreté des ménages », a déclaré le Frère Biagui à l'agence de presse La Croix le lundi 16 décembre.

« Cela rend impossible l'obtention de recettes pouvant couvrir des dépenses proportionnelles aux coûts de gestion », a-t-il ajouté.

Le Frère Biagui, membre de la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, se lamentait : « Les gens voient nos écoles comme des écoles de riches. Ce n'est pas le cas ! D'abord parce que nous nous sommes imposés pour pouvoir aider tous ceux qui viennent dans nos structures ».

Malgré les dépenses énormes que l'Église engage pour réaliser l'éducation catholique, le Frère Biagui a également précisé que « beaucoup d'attention est accordée aux moins privilégiés au Sénégal ».

« Nous donnons parfois des cours pratiquement gratuits à ceux qui prouvent qu'ils n'ont pas les moyens mais veulent étudier dans nos structures », a-t-il déclaré.

Le responsable du Secrétariat de l'enseignement catholique au Sénégal a également noté : « Il y a l'insuffisance de la subvention de l'État et le manque de soutien des autorités locales alors que les coûts augmentent.

« Il y a l'obligation de payer le personnel permanent pendant 12 mois alors que les frais de scolarité ne couvrent que 9 mois », a-t-il ajouté.

« Nous attachons une grande importance à l'aspect social de l'éducation. Nous sommes là pour aider à la formation intégrale des jeunes, » a dit le Frère Biagui et a ajouté, « Bien sûr, cela a un coût. Mais dans cet effort, qui est de nature sociale, nous aimerions que l'État nous soutienne. »

Face à ces défis, le Secrétariat de l'enseignement catholique au Sénégal a mis en place des stratégies pour s'assurer que les écoles catholiques continuent à offrir une éducation de qualité.

« Nous essayons de faire une bonne planification des dépenses, » a dit le Frère Biagui et a expliqué, « Chaque année, les écoles présentent des budgets et en fonction des revenus. Il est clair que la question des salaires est notre priorité. Nous essayons ensuite de voir comment améliorer le cadre environnemental. »

Selon lui, l'infrastructure « est un critère fondamental dans le choix des parents qui veulent légitimement que leurs enfants se baignent dans un environnement sain et adéquat ».

 « C'est un indicateur d'une bonne éducation, parce que quand on veut donner une bonne éducation, il faut aussi avoir les bonnes infrastructures et le bon environnement », a-t-il expliqué.

« La plupart de nos établissements ont cinquante ans et avec le temps, il y a une dégradation. La question de la réhabilitation est donc pour nous un élément capital, toujours avec l'idée que nous devons mettre les étudiants dans les meilleures conditions possibles pour leurs études, » a déclaré le Frère Biagui.

 En septembre, l'enseignement catholique a été la cible de critiques à la suite de l'interdiction du port du foulard à l'école Sainte Jeanne d'Arc, une école parrainée par les catholiques dans la capitale sénégalaise, Dakar.

L'école dirigée par les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny avait expulsé 22 élèves musulmans le 3 septembre pour avoir couvert leur tête avec des foulards islamiques dans le but d'exécuter une décision rendue publique en mai.

L'expulsion des étudiants a provoqué un tollé national dans le pays à prédominance musulmane, forçant l'établissement à lever l'interdiction.

Selon le Frère Biagui, lors de l'incident de l'école Sainte Jeanne d'Arc, le Secrétariat de l'Éducation Catholique « n'a jamais parlé de voile islamique, mais d'uniforme ».

« Nous sommes en faveur de l'ouverture, pour l'éducation et la formation intégrale des élèves. Nous voulons que chaque parent ait le choix d'aller ou non à l'école », a-t-il dit et ajouté ; « mais une fois le choix fait, les parents doivent accepter les contraintes que l'école demande car dans son projet éducatif, l'école détermine les orientations ».

« Notre souhait est de promouvoir de bonnes relations entre les différentes composantes de la communauté éducative. La tenue scolaire est importante pour nous car l'école est un lieu où tous les élèves devraient être traités de la même façon, quelle que soit leur origine, » a conclu le Frère Biagui.

Selon les statistiques du Secrétariat de l'enseignement catholique au Sénégal, il y a 316 écoles catholiques dans le pays, avec 116 989 élèves dans 2 700 classes et un personnel de 3 816 personnes.

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P. Don Bosco Onyalla
Rédacteur en chef, ACI Afrique
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