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Considérer les réfugiés et les migrants comme un "nouveau territoire missionnaire", selon un archevêque sud-africain

Mgr Buti Joseph Tlhagale, archevêque de l'archidiocèse de Johannesburg en Afrique du Sud. Crédit : SACBC Mgr Buti Joseph Tlhagale, archevêque de l'archidiocèse de Johannesburg en Afrique du Sud. Crédit : SACBC

L'archevêque de l'archidiocèse de Johannesburg, en Afrique du Sud, s'est dit préoccupé par la vie difficile des réfugiés et des migrants, en particulier par leur difficile recherche d'un établissement, et a suggéré que ce groupe vulnérable soit considéré comme "un nouveau territoire missionnaire".

Dans son homélie du mardi 23 novembre, Mgr Buti Joseph Tlhagale a fait référence à la situation de la communauté Rohingya, aux mouvements au Liban et au Soudan, à la situation en Biélorussie et à celle des personnes d'Amérique du Sud qui tentent d'entrer aux États-Unis et à la façon dont elles souffrent lorsqu'on leur refuse l'autorisation d'entrer.

Ces groupes, a déclaré Mgr Tlhagale, "vivent et dorment à la belle étoile parce qu'on leur refuse la permission de franchir les frontières... Et c'est pourquoi nous disons que les migrants et les réfugiés sont un nouveau territoire missionnaire de nos jours."

L'archevêque sud-africain a ajouté qu'historiquement, les migrants et les réfugiés étaient pris en charge par une initiative collective et que leurs problèmes étaient résolus par la société.

L'Ordinaire de l'archidiocèse de Johannesburg, qui est également l'évêque de liaison pour les migrants et les réfugiés de la Conférence des évêques catholiques d'Afrique australe (SACBC), a déclaré qu'il était nécessaire de prier pour répondre à la situation des migrants et des réfugiés.

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"Lorsque nous célébrons l'Avent, nous espérons que le Christ nous trouvera empressés de l'accueillir. Ainsi, nous prions pour que nous soyons nous aussi désireux d'accueillir les visiteurs, d'accueillir les migrants et les réfugiés dans notre communauté", a déclaré Mgr Tlhagale.

Il a ajouté : "Nous devons prier Dieu pour qu'il soit généreux en augmentant notre amour ; un amour qui n'est pas sélectif, un amour qui accepte un autre être humain. C'est une tâche difficile, plus facile à dire qu'à faire."

Le membre des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI) a exhorté le peuple de Dieu à prier contre les obstacles qui l'empêchent de recevoir les personnes dans le besoin dont le seul souhait est d'être vues et considérées comme des personnes dignes.

S'exprimant au début d'un atelier de deux jours organisé pour délibérer sur la pastorale des migrants et des réfugiés, l'archevêque de 73 ans a déclaré que la communauté a pour mandat d'être généreuse et de s'abstenir de diriger sa colère et sa frustration vers les migrants et les réfugiés.

"Notre plus grande mission sera d'avoir dans chaque paroisse des personnes dévouées à cette nouvelle mission des migrants et des réfugiés", a déclaré l'archevêque Tlhagale après avoir observé que les conflits se produisent au niveau communautaire et non dans les bureaux administratifs du gouvernement à Pretoria et au Cap.

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Pour sa part, le père Eduardo Gabriel, chercheur et coordinateur à l'Institut Scalabrini pour la mobilité humaine en Afrique (SIHMA) de Johannesburg, a déclaré que les gens ne devraient pas attendre d'être contraints d'aider les migrants et les réfugiés.

"Parfois, nous attendons que quelqu'un fasse quelque chose pour les migrants et les réfugiés au lieu que ce soit nous qui le fassions", a déclaré le père Gabriel dans sa présentation lors de l'atelier.

Le prêtre catholique a fait référence au premier voyage du pape François à Lampedusa, en Italie, où le Saint-Père a exprimé sa solidarité avec les migrants, et a souligné la nécessité de faire en sorte que les migrants se sentent aimés et accueillis.

Il a conseillé aux participants à l'atelier de toujours être à l'écoute des migrants et des réfugiés lorsqu'ils ont l'occasion de travailler ensemble.

"Pour pouvoir les aider avec vos mains, écoutez-les d'abord", a déclaré le père Gabriel, qui a souligné l'importance de prendre des initiatives pour aider les migrants et les réfugiés, non seulement en étant proche d'eux, mais en les accueillant et en faisant preuve de solidarité avec eux.

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Dans sa présentation, la responsable du plaidoyer et conseillère juridique du centre Scalabrini du Cap, Sally Gandar, a fait la lumière sur le cadre juridique de la migration en Afrique du Sud et sur la manière dont le concept de migration peut être compris et appréhendé par tous.

Un résumé des présentations de différents groupes en Afrique du Sud a mis en évidence, entre autres défis, la question des migrants qui exploiteraient le système en passant d'une organisation à l'autre, et en cherchant de l'aide pour la même chose qu'ils ont déjà reçue d'autres organisations. 

Le défi des crimes locaux liés à certains migrants a également été souligné comme l'un des problèmes auxquels est confronté le département des migrants et des réfugiés en Afrique du Sud.

L'atelier, qui a été organisé en réponse à la résolution prise en 2019, devrait, le deuxième jour, traiter de la solution de capture de données mobiles pour les enfants sans papiers et apatrides non scolarisés.

La résolution de 2019, sous la direction de la SACBC, avait la responsabilité de nommer une personne de contact dans les paroisses catholiques pour les migrants et les réfugiés, et de développer un réseau diocésain, un réseau métropolitain et un réseau national, avec des programmes de formation et d'entraînement pour ceux qui s'engagent dans le ministère des migrants et des réfugiés.

L'atelier vise également à aborder la question de la planification des activités avec les migrants et les réfugiés au niveau local.