Le suspect du meurtre d'une religieuse gabonaise avoue son crime

Sr Lydie Oyane
Credit: Domaine Public

Un homme soupçonné d'avoir agressé physiquement, violé et tué une religieuse gabonaise dont le corps a été retrouvé vendredi 20 mars a avoué son crime, au milieu d'un appel public à la justice pour la religieuse qui a consacré sa vie au service des pauvres dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Le corps sans vie de Sœur Lydie Oyane Nzoughe, membre de la Congrégation de Sainte-Marie au Gabon et fondatrice de la Fraternité Saint-Jean, qui s'occupe des personnes âgées abandonnées par leurs familles, a été retrouvé dans les locaux de son établissement après un vol présumé.

Avant qu'elle ne soit tuée, Sr. Lydie aurait été violée et agressée. 

L'assassin s'est emparé de son véhicule et de ses autres effets personnels, notamment ses téléphones portables et les clés de sa chambre.

La Conférence épiscopale du Gabon a rapporté que "pris de remords, il (l'assassin) est allé lui-même, le samedi 21 mars 2020 en fin d'après-midi, se présenter au curé de la paroisse des Mages d'Akébé Ville".

D'après les témoignages des fidèles de la paroisse, "l'assassin est allé, après son crime, chez la famille de sa petite amie dans le quartier de Payrie. Il y aurait remis une somme de 130 000 francs CFA (213,00 dollars US) et un téléphone portable", raconte eglisecatholique-gabon.org.

En voyant la photo de la nonne à l'écran, la petite amie aurait interrogé le suspect qui lui aurait avoué son crime. La petite amie et son frère auraient conseillé à l'assassin de se confier à un prêtre ou à un avocat.

"La fille et son frère sont allés avec le meurtrier dans la paroisse voisine des Rois Mages. A la paroisse, la conversation a eu lieu entre le curé, un catéchiste de la paroisse, le meurtrier et le jeune homme qui l'accompagnait", rapporte eglisecatholique-gabon.org.

L'assassin présumé est bien connu dans la vallée de Sainte-Marie, où il a survécu grâce à de petits tuyaux qui lui ont été confiés par la Sœur Lydie.

Le véhicule de la défunte religieuse a été retrouvé, tandis que des enquêtes sont en cours pour déterminer les circonstances du crime.

Sœur Lydie avait consacré sa vie au service des personnes âgées, abandonnées par leurs familles, à travers la Fraternité Saint-Jean et le Mouvement Eucharistique des Jeunes Gabonais (MEJ).

La fraternité dirigée par la religieuse catholique est située dans la Vallée Sainte Marie de Libreville, en contrebas de la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption.

L'archevêque de Libreville, Basile Mvé Engone, a invité les fidèles à "prier pour l'âme de notre soeur Lydie, en attendant que la police judiciaire (PJ) nous donne les résultats de leurs enquêtes".

Les éloges funèbres ont afflué sur les médias sociaux, louant le sacrifice désintéressé d'une religieuse qui a consacré toute sa vie au service des autres.

Dans un post sur Facebook, la première dame du Gabon, Sylvia Ondimba, a exprimé sa tristesse suite au décès de Sœur Lydie en disant : "Je suis profondément attristée par le deuil cruel qui vient de frapper le corps du Christ au Gabon".

Elle a ajouté : "Sœur Lydie, dont la vie entière a été consacrée au service des autres, est partie, victime d'un acte barbare qui lui a ôté la vie. Rien, vraiment rien ne peut justifier cet acte".

"Je présente mes sincères condoléances à sa famille et à la communauté religieuse ainsi qu'à tous ceux qui, à un moment de leur vie, ont trouvé refuge et réconfort auprès d'elle au centre d'accueil de la Fraternité de Saint-Jean", a déclaré la Première Dame du Gabon.

"Je connais bien Sœur Lydia Lydie. Je suis dévasté par sa mort. C'était une confidente, une amie... Dieu ait son âme", déplore Serge Makaya dans un post sur Facebook.

"Que ton âme repose en paix ma soeur, que le bon Dieu t'accueille dans sa maison.... C'est si injuste et si atroce la façon dont tu as quitté ce monde", commente Vanmiled Moudiangou Wonga.


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P. Don Bosco Onyalla
Rédacteur en chef, ACI Afrique
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