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Le pape au patriarche orthodoxe : "Les liens de la foi, de l'espérance et de la charité unissent les deux Églises

Le pape François rencontre le patriarche œcuménique Bartholomée Ier au Vatican le 4 octobre 2021. | Crédit : Vatican Media Le pape François rencontre le patriarche œcuménique Bartholomée Ier au Vatican le 4 octobre 2021. | Crédit : Vatican Media

À l'occasion de la fête de l'apôtre saint André, le pape François a envoyé un message au patriarche œcuménique Bartholomée Ier de Constantinople, dans lequel il exprime son "affection fraternelle" et évoque les "liens profonds de foi, d'espérance et de charité" qui unissent les deux Églises.

Le pape a commencé sa lettre en mettant l'accent sur le chemin de la réconciliation entre les deux Églises, notant que la fête de Saint-André précède la rencontre historique entre le pape Paul VI et le patriarche œcuménique Athénagoras à Jérusalem en janvier 1964.

"Cette rencontre a constitué un pas en avant essentiel pour briser la barrière de l'incompréhension, de la méfiance et même de l'hostilité qui existait depuis près d'un millénaire. Il est remarquable que nous nous souvenions aujourd'hui non pas tant des paroles et des déclarations de ces deux pasteurs prophétiques, mais surtout de leur chaleureuse étreinte", a déclaré le pape dans sa lettre.

"L'exemple du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras nous montre que tous les chemins authentiques vers la restauration de la pleine communion entre les disciples du Seigneur sont caractérisés par le contact personnel et le temps passé ensemble", a poursuivi François.

Cette rencontre a marqué un tournant dans les relations entre catholiques et orthodoxes, passant d'un éloignement à un dialogue, car c'était la première fois depuis 1483 qu'un pape et un patriarche œcuménique se rencontraient.

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Le pape François a également noté qu'"il est très significatif que ce chemin de réconciliation, de rapprochement et de dépassement des obstacles qui empêchent encore la pleine communion visible ait commencé par une accolade, un geste qui exprime de manière éloquente la reconnaissance mutuelle de la fraternité ecclésiale".

Chaque année, à l'occasion de la fête de l'apôtre saint André, le pape François envoie un message au patriarche œcuménique, qui est le successeur de saint André et le "premier parmi ses pairs" dans l'Église orthodoxe orientale.

Cette année, le pape a exprimé sa "gratitude" et a remercié le patriarche pour sa participation à la veillée de prière œcuménique précédant l'ouverture du synode sur la synodalité en octobre. Dans un communiqué de presse publié avant l'événement, le Saint-Siège a déclaré que la veillée avait été préparée afin de "souligner la centralité de la prière dans le processus synodal, qui est un processus spirituel" et de "souligner l'articulation entre le chemin synodal et le chemin œcuménique".

"Votre soutien personnel et celui du Patriarcat œcuménique, exprimé également par la participation d'un délégué fraternel aux travaux de l'assemblée, sont une grande source d'encouragement pour la poursuite fructueuse du processus synodal en cours dans l'Église catholique", a déclaré le pape François dans sa lettre.

D'autres chefs religieux ont également participé à la veillée de prière, notamment l'archevêque de Canterbury Justin Welby, le pape copte Tawadros II et le pasteur Anne Burghardt de la Fédération luthérienne mondiale.

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Dans l'Instrumentum Laboris, le document de travail du Vatican qui a guidé les discussions du Synode sur la synodalité, le thème de l'œcuménisme figure en bonne place.

"En effet, la synodalité et l'œcuménisme sont tous deux enracinés dans la dignité baptismale de l'ensemble du peuple de Dieu. Ensemble, ils invitent à un engagement renouvelé en faveur de la vision d'une Église synodale missionnaire. Ce sont des processus d'écoute et de dialogue qui nous invitent à grandir dans une communion qui n'est pas l'uniformité mais l'unité dans la diversité légitime. Ils soulignent la nécessité d'un esprit de coresponsabilité, puisque nos décisions et nos actions à différents niveaux affectent tous les membres du corps du Christ. Il s'agit de processus spirituels de repentir, de pardon et de réconciliation dans un dialogue de conversion qui peut conduire à une guérison de la mémoire", peut-on lire dans le document.

François a terminé sa lettre du 30 novembre en écrivant que les deux églises sont "au service de l'humanité, en particulier de ceux qui sont touchés par la pauvreté, la violence et l'exploitation". Le Saint-Père a imploré la paix.

"Prions avec ferveur Dieu, notre Père miséricordieux, pour que cesse la clameur des armes, qui n'apporte que mort et destruction, et pour que les responsables gouvernementaux et religieux cherchent toujours la voie du dialogue et de la réconciliation", a-t-il écrit.