Un prélat sud-africain appelle à la vigilance malgré le déconfinement en Afrique du Sud car "le virus est toujours présent"

Mgr Stephen Brislin, archevêque du Cap en Afrique du Sud.
Credit: Domaine public

Quelques jours après que le président sud-africain ait assoupli certaines restrictions du COVID-19 mises en place il y a cinq mois pour minimiser la propagation du virus, l'archevêque du Cap a exhorté le peuple de Dieu dans son diocèse à rester vigilant et à continuer à prendre les précautions nécessaires car le coronavirus n'a pas encore été éliminé du pays. 

Dans sa réflexion vidéo du mercredi 19 août, publiée sur le site web de l'archidiocèse,  Mgr Stephen Brislin déclare que l'annonce du président Cyril Ramaphosa de faire passer le statut COVID-19 du pays au niveau 2 de confinement à partir du mardi 18 août est une "merveilleuse nouvelle". 

"Bien que ce soit une très bonne nouvelle, nous devons veiller à ne pas devenir complaisants et négligents. La COVID-19 est toujours présent parmi nous et nous devons donc continuer à prendre toutes les précautions, comme se laver ou se désinfecter les mains, porter des masques et maintenir une distance sociale", déclare Mgr Brislin. 

Il poursuit en faisant référence au respect des mesures barrières : "Nous avons la responsabilité de le faire afin que le virus puisse être géré jusqu'à ce que le danger soit passé, ce qui va prendre un certain temps".

"On nous dit que nous devrons probablement continuer à porter des masques pendant au moins les 12 prochains mois et cette partie de la "nouvelle normalité", ajoute Mgr Brislin.

Dans son discours à la nation du samedi 15 août, le président Ramaphosa a annoncé l'assouplissement de la politique de confinement en vigueur depuis mars, déclarant que cela contribuerait à relancer l'économie du pays après une période de difficultés. 

Cependant, le chef de l'Etat a mis en garde les Sud-Africains contre un relâchement de leur vigilance en déclarant que le pays est "en plein milieu d'une pandémie mortelle".

Ayant enregistré 592 144 cas de virus, dont 12 264 décès et 485 468 guérisons, l'Afrique du Sud est le pays qui a signalé le plus grand nombre de cas en Afrique.

Les statistiques du Worldometers indiquent que le pays se classe au cinquième rang mondial des cas les plus fréquents, après les États-Unis, le Brésil, la Russie et l'Inde. 

Dans le message vidéo du 19 août, l'Ordinaire de l’Archidiocèse de Cap a aussi réfléchit aux lectures du jour où le prophète Ezéchiel désigne les dirigeants d'Israël qui étaient égocentriques, se concentrant sur leurs besoins personnels au lieu de s'occuper du peuple de Dieu. 

"L'une des plus grandes tentations des dirigeants a toujours été de glisser dans de mauvaises voies, de céder à la cupidité et à l'intérêt personnel", déclare le prélat de 63 ans dans le message vidéo.

Faisant référence aux allégations de corruption de COVID-19 dans le pays, le prélat sud-africain déclare : "Nous le voyons souvent chez les dirigeants politiques ; malheureusement, nous en entendons parler dans notre propre pays où il y a même des allégations de mauvaise utilisation flagrante des fonds consacrés à la santé des personnes en ces temps de".

Il poursuit : "Malheureusement, tout au long de l'histoire, il y a eu des chefs religieux qui n'ont pas pris leurs responsabilités au sérieux et qui ont placé leurs propres intérêts au-dessus de ceux de leur troupeau, se nourrissant eux-mêmes tout en négligeant le bien-être des autres".

Dans le message vidéo, Mgr Brislin appelle les Sud-Africains à suivre les enseignements du prophète Ezéchiel et à appliquer ses paroles "à notre rôle dans la société, sur le lieu de travail et à notre engagement dans différentes sociétés ou organisations".

Il invite les chefs religieux à un examen de leurs consciences respectives, "en se demandant si nous sommes à la hauteur des attentes que Dieu a à notre égard dans la manière dont nous vivons notre vocation et remplissons nos obligations".

Se tournant vers les parents, l'archevêque déclare : "Nous entendons trop souvent parler de ceux qui négligent cette belle vocation de parents, soit en ne s'occupant pas de leurs enfants et en ne veillant pas à ce que leurs besoins soient satisfaits, soit en permettant à leurs enfants de vivre leur vie sans conseils et sans leur inculquer les valeurs chrétiennes".

"Les pères et les mères aussi, sont les bergers de leurs familles et on leur a confié la responsabilité d'élever, d'aimer et de guider leurs enfants", déclare Mgr Brislin.


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P. Don Bosco Onyalla
Rédacteur en chef, ACI Afrique
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