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En RD Congo, l’épiscopat demande aux députés de donner la priorité à l'intérêt du peuple.

Les députés et sénateurs de la République démocratique du Congo lors de leur session de septembre qui a débuté le mardi 15 septembre dans la capitale du pays, Kinshasa. Domaine public Les députés et sénateurs de la République démocratique du Congo lors de leur session de septembre qui a débuté le mardi 15 septembre dans la capitale du pays, Kinshasa.
Domaine public

Les évêques catholiques de la République démocratique du Congo (RDC) invitent les députés et sénateurs à donner la priorité aux intérêts du peuple congolais lors de leur session de septembre, qui a débuté le mardi 15 septembre à Kinshasa, la capitale du pays.

Cette session est considérée comme cruciales car les législateurs chercheront à résoudre l ' impasse autour des réformes électorales , de la  nomination du  président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du pays et du projet de loi de finances pour 2021,  entre autres questions d'importance nationale. 

"La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) rappelle aux honorables parlementaires et sénateurs de la République démocratique du Congo leur devoir de voter des lois qui donnent la priorité à l'intérêt du peuple congolais", affirment les évêques dans leur déclaration collective publiée jeudi 17 septembre et partagée avec ACI Afrique.

Dans cette déclaration, les membres de la CENCO appellent les législateurs du pays à "relayer effectivement les aspirations profondes du Peuple au changement et ne pas voter des lois qui ne rencontrent pas le bien du Peuple congolais."

"Mettez-vous réellement au service du Peuple qui a opté pour le changement ; gérer utilement le temps pour voter des lois qui promeuvent la démocratie plutôt que les intérêts partisans", déclarent les évêques dans leur déclaration collective signée par le secrétaire général de la CENCO, le père Donatien Nshole. 

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En juin, les évêques  de la RD Congo ont demandé au gouvernement, par l'intermédiaire du président de l'Assemblée nationale, de procéder à des réformes électorales avant de nommer le chef de la CENI. 

Cependant, les leaders religieux de la nation centrafricaine, réunis au sein de la Plateforme des confessions religieuses , sont restés divisés sur le choix du président de la commission électorale, une prérogative qui leur est accordée par la constitution du pays.

Lors  d'un vote majoritaire le 2 juillet, les législateurs de la RDC ont décidé  de placer Ronsard Malonda à la tête de la CENI, une décision qui a été contestée par les chefs religieux et les partis d'opposition, selon un rapport.

 Le président Félix Tshisekedi a ensuite rejeté le choix  de M. Malonda à la tête de la CENI du pays malgré son approbation par les législateurs.

Dans leur déclaration collective du 17 septembre, les membres de la CENCO invitent les législateurs à "adopter avec vigilance des lois justes qui garantissent la tenue des élections et assurer le contrôle de l’exécution du budget concernant les élections".

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"La révision de la loi électorale en vue de la dépolitisation de la CENI s’avère plus que nécessaire", déclarent les évêques catholiques de RDC.

Faisant référence à leur message de juin au peuple congolais intitulé "Qui sème le vent récolte la tempête", les membres de la CENCO invitent les législateurs à s'assurer que "la majorité du Parlement n'abuse pas de sa force numérique pour faire passer des lois défavorables au progrès de la démocratie dans notre pays".

Ils expliquent : "La loi de la majorité n'est pas nécessairement synonyme de vérité ou de raison, ni une garantie de cohésion sociale. Une majorité parlementaire, aussi légale soit-elle, perd sa légitimité lorsqu'elle est déconnectée des intérêts et du bien-être du peuple". 

Les évêques appellent également les législateurs à "contrôler sans complaisance les membres du Gouvernement et les mandataires de l’Etat et ne pas chercher à modifier et à tailler sur mesure des individus ou des partis politiques."

Ils sont également opposés à toute tentative de modifier "les dispositions de la Constitution, particulièrement celles relatives aux modes des scrutins."

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"Soyez sensibles aux peines, aux souffrances et aux désidératas de la population ", disent-ils et poursuivent, "Respectez les dispositions réglementaires de l’organisation de l’opposition au niveau de l’Assemblée nationale, et être à l’écoute des forces vives du pays afin d’amorcer des reformes consensuelles nécessaires pour la consolidation de la démocratie."

Dans leur déclaration du 17 septembre, les membres de la CENCO invitent le peuple congolais à "demeurer uni et vigilant pour barrer la route à toute majorité ou minorité qui tenterait de prendre en otage notre pays et notre avenir par des subterfuges politiciens dilatoires."