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"Soyez prudents" dans le traitement des manifestations contre la brutalité policière : Un Prélat nigérian

Les informations selon lesquelles le gouvernement fédéral du Nigeria a saisi des passeports et gelé les comptes bancaires des manifestants qui ont manifesté contre les brutalités policières orchestrées par la très controversée Brigade spéciale de lutte contre le vol (SARS) inquiètent l'archevêque de Lagos, qui a conseillé aux autorités concernées de "faire preuve de prudence".

Dans un rapport du mardi 10 novembre, publié par le directeur des communications sociales de l'archidiocèse de Lagos, le père Anthony Godonu, Mgr Alfred Adewale Martins conseille au gouvernement de "faire preuve de prudence dans sa gestion des personnalités importantes des manifestations #ENDSARS qui ont récemment secoué la nation".

Pour Mgr Adewale, il est important de traiter les manifestants avec prudence "afin que les blessures qui se cicatrisent progressivement ne se rouvrent pas et que l'espoir de rétablir progressivement la confiance ne soit pas perdu à nouveau". 

Des milliers de jeunes Nigérians sont descendus dans la rue pour protester contre les brutalités policières en octobre, après qu'une vidéo montrant un prétendu officier du défunt SARS tuant un homme soit apparue en ligne. Le point culminant des manifestations a été le 20 octobre, lorsque des officiers de l'armée auraient ouvert le feu et tué au moins 12 manifestants à Lagos.

Suite aux manifestations, un juge de la Haute Cour fédérale a ordonné le gel des comptes de vingt personnes liées aux manifestations pour "une période de 90 jours en attendant les résultats d'une enquête menée par la Banque centrale du Nigeria", a rapporté Reuters.

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Le Service d'immigration du Nigeria (NIS) avait également saisi le passeport de Modupe Odele, un avocat qui offrait des services pro bono aux manifestants arrêtés pendant les manifestations. 

"C'est un choc que les personnes qui avaient aidé le gouvernement à ce nouveau réveil soient maintenant punies pour le service qu'elles ont offert", déclare Mgr Adewale dans la déclaration du 10 novembre. 

L'archevêque nigérian de 61 ans ajoute : "En plus d'être une limitation des droits de ces jeunes à organiser des manifestations pacifiques, un droit que les responsables gouvernementaux ont affirmé à maintes reprises depuis le début de cette affaire, cela revient également à trahir leur confiance dans le fait que le gouvernement les écoutera réellement".

Il poursuit en faisant référence à l'action de gel des comptes bancaires : "Les contributions financières pour soutenir une cause, que même les fonctionnaires du gouvernement reconnaissent comme étant noble, ne devraient certainement pas être un crime".

Face à l'état actuel des choses, l'archevêque de Lagos assure les citoyens du comté d'Afrique de l'Ouest de ses "prières continues pour la nation".

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Il appelle également les Nigérians à être "respectueux des lois et pacifiques dans leurs activités quotidiennes".

En octobre, Mgr Adewale a exprimé son soutien aux protestations en disant que le SARS dissous avait "compromis le but de son existence".

"Nous demandons au Président Muhammadu Buhari de faire en sorte que la Commission des services de police et l'Inspecteur général de la police entament un examen approfondi et réaliste de toute la structure des forces de police afin de restaurer leur intégrité", a déclaré l'archevêque le 10 octobre.