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Soumettre la Fiducia Supplicans à une analyse "sereine" dans le cadre du Synode en cours : Les évêques d'Afrique du Nord

Les membres de la Conférence épiscopale régionale d'Afrique du Nord (CERNA). Crédit : Archidiocèse de Rabat Les membres de la Conférence épiscopale régionale d'Afrique du Nord (CERNA). Crédit : Archidiocèse de Rabat

Il est nécessaire de soumettre la Fiducia Supplicans (FS), qui permet aux membres du clergé de bénir les " couples de même sexe " et les couples dans d'autres " situations irrégulières ", au Synode sur la synodalité que le Pape François a prolongé jusqu'en 2024, ont déclaré les évêques catholiques d'Afrique du Nord.

Dans un communiqué final publié à l'issue de leur assemblée plénière qui s'est tenue du 11 au 15 janvier dans l'archidiocèse de Rabat au Maroc, les membres des Conférences épiscopales régionales d'Afrique du Nord (CERNA) affirment que la déclaration publiée le 18 décembre par le Dicastère pour la doctrine de la foi (DDF) doit être réexaminée "de manière sereine".

"Face au risque de crispation et d'instrumentalisation susceptibles de mettre en péril l'unité de l'Eglise, il nous semble que le sujet mérite d'être réexaminé de manière sereine dans le cadre de la dynamique synodale en cours dans l'Eglise universelle", affirment les membres de la CERNA.

Les responsables de l'Église catholique qui exercent leur ministère dans les pays d'Afrique du Nord à prédominance musulmane, à savoir la Libye, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc, encouragent à se familiariser avec le communiqué de presse de cinq pages que le DDF a publié pour apporter des éclaircissements sur la question des SF.

Les responsables d'Église qui exercent leur ministère dans les pays majoritairement musulmans de Libye, de Tunisie, du Sahara occidental, d'Algérie et du Maroc invitent le peuple de Dieu de leur région à

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"Prendre le temps de lire et de discuter ce document et la note explicative publiée le 4 janvier 2024 par le Dicastère de la Doctrine de la Foi", disent les membres de la CERNA à propos du communiqué de presse du DDF indiquant que la mise en œuvre du SF dépendra "des contextes locaux et du discernement de chaque évêque diocésain avec son diocèse".

Ils décrivent FS comme un document qui invite le peuple de Dieu "à réexaminer et à évaluer notre pratique ecclésiale du discernement, et à examiner de plus près les moyens concrets de travailler à la réconciliation et à la communion".

"C'est l'occasion d'évaluer nos attitudes pratiques en matière d'accueil et d'accompagnement des personnes", affirment les membres de la CERNA dans leur communiqué du 15 janvier.

Ils poursuivent : "En ce qui concerne la pratique pastorale des bénédictions, lorsqu'une personne demande individuellement une bénédiction, avec la disposition de cœur correspondante, elle sera donnée."

Toutefois, les responsables de l'Église catholique dans la région d'Afrique du Nord affirment que "lorsque des personnes en situation irrégulière se réunissent pour demander une bénédiction, celle-ci peut être donnée à condition qu'il n'en résulte pas de confusion pour les personnes concernées elles-mêmes ou pour d'autres".

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Ils invitent le peuple de Dieu sous la responsabilité pastorale à "éviter tout esprit de polémique et à cultiver tout ce qui contribue à la communion et à l'unité de l'Eglise universelle".

Depuis sa publication, FS a suscité des réactions mitigées et de profondes divisions parmi les évêques catholiques du monde entier.

Le 11 janvier, les membres du Symposium de la Conférence épiscopale d'Afrique et de Madagascar (SCEAM) ont déclaré que FS ne serait pas mis en œuvre en Afrique.

Dans une déclaration signée par le président du SCEAM, le cardinal Fridolin Ambongo, les évêques catholiques d'Afrique ont déclaré que la bénédiction "d'unions homosexuelles ou de couples de même sexe" entraînerait "la confusion et serait en contradiction directe avec l'éthique culturelle des communautés africaines".

De telles bénédictions "ne peuvent être réalisées en Afrique sans" provoquer des "scandales", ont-ils déclaré, et ils se sont dits conscients du fait que FS "a provoqué une onde de choc" en Afrique et "a semé des idées fausses et des troubles dans l'esprit de nombreux fidèles laïcs, de personnes consacrées et même de pasteurs".

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Lors d'une apparition dans un talk-show italien le 14 janvier, le pape François a défendu le SF, soulignant que "le Seigneur bénit tout le monde" et qu'une bénédiction est une invitation à entrer dans une conversation "pour voir quel est le chemin que le Seigneur leur propose".

"Le Seigneur bénit tous ceux qui sont capables d'être baptisés, c'est-à-dire toutes les personnes", a souligné le Saint-Père.